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Victoria , film français de Justine Triet, sorti en 2016

Analyse critiqueModifier

Victoria Spick est une jeune avocate en pleine tourmente. Mère de famille monoparentale, elle croule sous les problèmes. Son baby-sitter la lâche, son ex-mari divulgue une part de son intimité dans un blog à vocation littéraire, ses histoires avec des hommes de rencontre tournent mal. Alors qu’elle assiste à un mariage, une jeune femme se fait poignarder et c’est le compagnon de la femme, un ami de Victoria, qui est accusé. Il lui demande de le défendre, elle s'y refuse d'abord, pensant que cela le desservira, puis s'y résigne, sur son insistance. Mille et un événements adviennent qui rendent sa tâche compliquée et galvanisante. Elle est aidée par un ange gardien inattendu, un drôle de factotum, zigue du genre fumeux et lunaire, qui s'avère très responsable. Il s'agit de Sam, un ancien dealer qu’elle a sorti d’affaire. Mais malgré son apparente sérénité, Victoria est au bord de la crise, tant professionnellement que sentimentalement.

Dans un désordre apparent mais finement construit, tout se mélange, amitié, amour, justice et suscite le débat, autour de doutes très contemporains. Victoria demande conseil, s'explique, négocie, s'autoanalyse. Son souci majeur, c'est de vivre à contretemps et ne plus très bien savoir à quel moment elle a le droit d'être romantique. Chez le psychanalyste, ou chez la voyante, dans un grand moment d'absurdité, au prétoire ou dans l'alcôve, sa vie est une scène perpétuelle ou une arène, réservant toutes sortes de tensions et de contradictions. Victoria subit, se sent perdue, plonge dans la dépression, mais se bat aussi.

Assez posée, la mise en scène obéit à une esthétique de comédie hollywoodienne, assumant clairement ses modèles, Billy Wilder, Leo McCarey, cités et revisités au goût d'aujourd'hui. A la fois américain et très français, populaire et personnel, le film donne le sentiment de refléter la réalité contemporaine, entre rire et angoisse, addictions, quête narcissique, obligation de tout gérer et juger, en vitesse accélérée, avec la griserie qui l'accompagne, mais aussi le risque de chuter bien bas.

Le film recèle des moments originaux et désopilants. Un chien est appelé à la barre du tribunal, un selfie réalisé par un chimpanzé porte témoignage et le personnage de dealer babysitter flegmatique interprété par un Vincent Lacoste idéal porte des gants Mappa roses en disant “Allez les filles, on range les Ipad et on va se coucher“.

Présenté à Cannes à la semaine de la critique, le film recueille une quasi-unanimité de commentaires élogieux.

Justine Triet déclare :«J’adore l’idée de saturation, plus il y a de bordel, de bruit, plus j’arrive à trouver des idées, des angles, une mise en scène.»

DistributionModifier

  • Virginie Efira : Victoria Spick
  • Vincent Lacoste : Sam
  • Melvil Poupaud : Vincent
  • Laurent Poitrenaux : David
  • Laure Calamy : Christelle
  • Alice Daquet : Eve

Fiche techniqueModifier

  • Réalisation et scénario : Justine Triet
  • Image : Simon Beaufils
  • Montage : Laurent Sénéchal
  • Production : Ecce Films / Emmanuel Chaumet ; France 2 Cinéma, et CNC, Canal+, Ciné+, France Télévisions
  • Durée : 95 minutes
  • Date de sortie : 12 mai 2016 (Festival de Cannes 2016, semaine de la critique)
    • 14 septembre 2016 (sortie nationale)
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