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Un héros très discret est un film réalisé par Jacques Audiard, d’après le roman de Jean-François Deniau et sorti en 1996.

Synopsis Modifier

Tout enfant déjà, Albert Dehousse l’avait décidé : il serait un héros. Survient la deuxième guerre mondiale. Il épouse Yvette Caron et évite le STO. En septembre 1944, quittant son Nord natal, il disparaît sans mot dire et arrive à Paris, démuni de tout. Il sympathise avec un jeune capitaine, Jean Dionnet, et fait connaissance de monsieur Jo, collabo puis «résistant», qui le prend à son service particulier.

Après l’arrestation de ce dernier, il loue une chambre de bonne et passe ses heures à lire tous les journaux, à suivre les nombreux procès du moment, à tout savoir des uns et des autres notamment Henri Nervoix, «la voix de Londres», qu’il aborde au culot. Peu à peu, il s’invente un passé et manifeste une personnalité qui, la confusion régnant, lui valent d’être introduit au sein des réseaux de résistants. Lorsqu’il est convoqué par un officier des renseignements, il croit son imposture découverte. Il va en fait être sollicité pour donner son avis sur des personnalités pressenties pour de hautes fonctions. L’officier lui offre même un bureau au ministère et le présente au général Boquillon, qui lui confie, avec le grade de lieutenant-colonel, une mission dans la zone française d’occupation en Allemagne.

Il lui faut peu de temps pour avoir raison de la méfiance et de la suspicion de ses nouveaux collègues officiers. Le maître imposteur leur en impose en effet en démasquant deux «confrères» maladroits, deux anciens collabos identifiés chez monsieur Jo. C’est là, au cours d’un bal, qu’il retrouve Servane, déjà aperçue à Paris et séduite par ce jeu dont elle a immédiatement tout compris. Il l’épouse, puis se dénonce. L’affaire est étouffée. Il est condamné… pour bigamie, Yvette s’étant entre-temps manifestée, avant de devenir la meilleure amie de Servane.

Les années passant, Albert continuera d’être… un héros très discret

CritiqueModifier

Les vies les plus belles sont celles qu’on s’invente, annonce en préambule, avec une lucidité désabusée, un Albert Dehousse vieillissant. Un film qui interroge la frontière entre mystification et réalité.

En adaptant à l'écran un roman de Jean-François Deniau, Jacques Audiard signe un film à la mise en scène intelligente. "J'ai toujours trouvé que la vraie vie était insupportable, les vies les plus belles sont celles qu'on invente". Ces quelques mots prononcés par Jean-Louis Trintignant, servent de prologue à l'histoire d'un faussaire hors du commun, un mythomane de génie, Albert Dehousse.

C'est l'ascension de cet homme ordinaire au sein d'une période trouble et confuse, que le réalisateur et scénariste construit admirablement, en ponctuant son récit d'interviews et d'images d'archives qui renforcent la crédibilité du récit, en naviguant le long de la frontière floue qui sépare la mystification de la réalité.


Albert n'est pas opportuniste, il ne fait que saisir l'occasion, avec un grand talent d'assimilation, en appliquant les conseils du Capitaine. "Les vaincus se déguisent en vainqueurs, les lâches en héros, les méchants en gentils, avec un peu de talent et d'imagination, il n'y a plus de limite". Dehousse est un héros sympathique, dont l'art du mensonge et de la mystification trouve son accomplissement dans la crédulité et l'aveuglement de son entourage.


Rythmé par les pizzicato d'un quatuor à corde, la mise en scène inventive de Jacques Audiard détaille brillamment les mécanismes subtils de l'entrée de Dehousse dans les cercles très fermés du milieu des anciens résistants, puis son accès au ministère, faisant de ce film, un film jouissif, servi par l'interprétation simple de Mathieu Kassovitz, confondant de naturel, secondé par des acteurs comme Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Anouk Grimbert, Philippe Harel, sans oublier l'intervention du géant Jean-Louis Trintignant. Un sans faute pour un film magnifique.

DistributionModifier

Fiche technique Modifier

  • Titre : Un Héros très discret
  • Réalisation : Jacques Audiard
  • Scénario : Alain Le Henry et Jacques Audiard, d'après un roman de Jean-François Deniau
  • Production : Patrick Godeau
  • Musique : Alexandre Desplat
  • Photographie : Jean-Marc Fabre
  • Montage : Juliette Welfling
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 107 minutes
  • Date de sortie : 15 mai 1996

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