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Thérèse est un film français, réalisé par Alain Cavalier et sorti en 1986

SynopsisModifier

Thérèse Martin est née en 1873. Son père Louis et sa mère Zélie-Marie, de la plus grande piété, font partie de la bourgeoisie aisée d'Alençon. Louis aurait voulu devenir chanoine mais son ignorance du latin l’en empêcha. Zélie-Marie avait voulu entrer au couvent, mais on lui avait répondu qu’elle n’avait pas la vocation. Aussi s'était-elle promise, si elle se mariait, de donner si possible tous ses enfants à l'Église.

Louis et Zélie-Marie se rencontrent en 1858 et se marient le 13 juillet, tout en ayant décidé de vivre dans une continence perpétuelle. Leur confesseur les en ayant dissuadés, ils ont neuf enfants, mais seules cinq filles parviennent à l'âge adulte. Thérèse est la plus jeune. À quatre ans, Thérèse perd sa mère emportée par un cancer du sein. La famille s’installe alors à Lisieux. Thérèse est éduquée par les bénédictines de Lisieux. Après l’entrée de sa sœur aînée dans les ordres, Thérèse tombe gravement malade. Elle passe près de la mort mais est sauvée, selon elle, par l’apparition de la Vierge qui vient lui sourire. ses trois autres sœurs entrent en religion.

Dans cet environnement aussi prégnant, Thérèse veut entrer au Carmel à 15 ans. Elle se heurte aux réticences de la mère supérieure qui la juge trop jeune ainsi qu’au refus du clergé local, curé et évêque. Obstinée, Thérèse se rend à Rome et obtient une dérogation du Pape. Au couvent, durant neuf ans, elle met toute son énergie à vivre un amour du Christ qui contribuerait au Salut des autres. Mais elle fait aussi l’apprentissage de la solitude, elle doute gravement de sa foi. Ajoutée au froid, aux privations et au manque de soins, la tuberculose provoque sa mort en 1897.

Une vie très banale, finalement, mais elle laisse une autobiographie. Elle y explique ce qu’elle appelle la « petite voie », une petite voie, selon elle, toute droite pour aller à Dieu, faite d’humilité et d’absolue confiance dans Sa Miséricorde, un chemin praticable par tous. À sa mort, elle est quasi inconnue. Ses obsèques sont célébrées en présence d'une petite trentaine de personnes. Très vite pourtant, sa foie minimaliste devient célèbre et sa tombe devient un lieu de pèlerinage. La voix off de sa sœur raconte la suite. L’édition du cahier rédigé par Thérèse et la canonisation en 1925.

Critique Modifier

Il existe plusieurs représentations cinématographiques de Thérèse Martin, en religion Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Parmi bien des films, Julien Duvivier a réalisé, dès 1929, La Vie miraculeuse de Thérèse Martin. Il faut aussi remarquer Procès au Vatican de Paul de Saint-André (1952), Le Vrai visage de Thérèse de Lisieux de Philippe Agostini (documentaire NB, 1964)

Thérèse d' Alain Cavalier est sans conteste le plus original. Car ce n’est pas l’histoire d’une sainte mais le portrait d’une adolescente déboussolée, amoureuse de Jésus qu’a voulu donner à voir ce réalisateur à l’œuvre originale. Ses premières réalisations, très engagée politiquement, ont porté sur la guerre d’Algérie, qu’il a été l’un des rares cinéastes français à aborder de front avec Le Combat dans l’île (1961) et surtout L'Insoumis (1964).

Cavalier réalise un prototype d’épure du cinéma, « Je fais un film sur des personnes dont le silence est la règle ». Il annonce un extrême dépouillement. Tout au long de Thérèse, le décor n’est constitué que d’un mur gris uniforme devant lequel quelques meubles permettent de situer l’action des actrices et de rares acteurs. Le son est enregistré en direct ; les images ne sont accompagnées d’aucune musique. L’ensemble, avec un dialogue très écrit et une série de plans liés les uns aux autres par des fondus au noir, suggère ainsi un univers de sentiments et d’émotions.

Alain Cavalier annonce son refus de la fiction. « La fiction m’ennuie. J’ai besoin de m’intéresser à quelqu’un, d’enquêter ». En effet, la biographie de Thérèse Martin par Alain Cavalier emprunte certains traits du documentaire. Mais en affirmant aussi son point de vue, il signe une véritable œuvre de recréation du réel de la carmélite Thérèse Martin, personnalité mystique très originale.

Pour traiter de ce sujet, Alain Cavalier a recours à des partis-pris esthétiques et à un matériau » particulier qui fondent sa biographie cinématographique sur l’art pictural. Les plans liés par des fondus au noir s’apparentent, avec les nombreux gros plans de tous les visages d’acteurs et le détail de certains objets, davantage à la peinture classique qu’au théâtre. Respectueux du silence qui enveloppe la vie monacale, ils sont en effet comme autant de tableaux dans lesquelles la représentation n’épuise jamais l’interprétation.

Avec une rare maitrise de l’ellipse, Alain Cavalier donne à voir en quatre-cent cinquante-deux plans la vie de Thérèse d’abord en famille et au Carmel. Le spectateur peut ainsi voir Thérèse en famille, avec son père et sa sœur. Le père manifeste à ses filles, mais plus encore à sa petite dernière, affection et tendresse. Thérèse est pressée d'entrer au couvent. La Mère supérieure conseille la patience. Une mystique est toujours suspecte aux yeux de l’Institution ecclésiastique. Il faut donc toute l’opiniâtreté de Thérèse pour affronter un univers d’hommes prudents, voire réservés sur sa vocation. Il lui faut faire montre de son enthousiasme au Pape pour voir son souhait entendu. La vie d’une communauté religieuse n’est pas toujours exaltante. Il s’agit d’affronter le labeur quotidien, comme à la lingerie et à la cuisine, ou la jalousie et les mesquineries ; le pouvoir aussi. C’est aussi la longueur du temps et l’austérité des repas ou du froid de l’hiver.

Dans cet univers de femmes, la fête de Noël est l’occasion d’une grande joie dans laquelle la féminité reparait sous le jour d’une maternité symbolique. Alain Cavalier filme avec délicatesse les religieuses qui embrassent avec tendresse un nouveau-né sculpté dans le bois. L’évocation de la vie de Thérèse est pleine de telles scènes où se trouvent autant de gestes qui peuvent receler, pour le croyant, un sens profond. Le vocabulaire amoureux de Thérèse peut paraitre ambigu, comme peut être ambivalente sa souffrance.

Cinéaste original, Cavalier ne s’est pas laissé enfermer dans une certaine représentation de Thérèse, la plus statufiée des saintes, après la Vierge Marie, dans toutes les églises du monde. Dans Thérèse, c’est bien de Thérèse Martin selon Alain Cavalier qu’il s’agit. Ainsi, Alain Cavalier n’a pas voulu gommer l’épreuve du doute vécue par Thérèse. Mais si ce dernier parvient à offrir tant de proximité avec la « petite Thérèse » de Lisieux, c’est grâce à la liberté qu’il laisse au spectateur. « Parce qu’il n’explique rien, le film s’adresse à nos sens avant de parler à notre intelligence », constate Jean Collet.

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier

  • Réalisation : Alain Cavalier
  • Scénario : Camille de Casabianca , Alain Cavalier
  • Producteur : Maurice Bernart
  • Image :Philippe Rousselot
  • Montage : Isabelle Dedieu
  • Création des décors :Bernard Evein
  • Création des costumes : Yvette Bonnay
  • Directeur de production :Daniel Deschamps .... production manager
  • Production : AFC ; Centre National de la Cinématographie (CNC) ; Films A2
  • Durée : 94 minutes
  • Date de sortie : mai 1986 (Festival de Cannes), 24 septembre 1986 (France)

RécompensesModifier


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