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Sonate d'automne (Höstsonaten) est un film suédois d'Ingmar Bergman tourné en 1977, sorti en 1978.

SynopsisModifier

Après de nombreuses années d’absence, une concertiste de renommée internationale vient rendre visite à sa fille ainée qui a développé une violente amertume. Elle vit isolée avec son mari, pasteur, et sa jeune sœur, atteinte d’un lourd handicap…

CrtiqueModifier

"Sonate d'automne est la réponse que fit le grand cinéaste à Ingrid Bergman, qui avait le désir de travailler avec lui. La collaboration ne fut pas facile, les différends qui opposèrent les deux monstres sacrés ne transparaisssent pas à l'écran, mais , au contraire, enrichissent les personnages en conflit du film. Huis clos d'une force sidérante, baigné par les couleurs flamboyantes de la forêt suédoise, le film parvient à faire surgir l'invisible, l'inavouable. En fin de compte, Sonate d'automne parle de cet amour mère-fille qui n'est jamais donné. Cet amour que Bergman n'a cessé de fouiller, de creuser avec force jusqu'au vertige."

L'histoire est simple, très simple même: Eva est mariée à un pasteur pour qui elle n'a qu'une franche estime et soigne sa sœur gravement malade, Héléna, dans le presbytère où elle vit. Sa vie, à proprement parler n'a rien d'extraordinaire: elle vit, c'est tout. Après 7 ans, elle décide d'inviter sa mère, Charlotte, pianiste de grande renommée. Après un petit temps de bonheur, du aux retrouvailles, les choses tournent au vinaigre et les déchirements passés ressurgissent très vite donnant une sorte de règlement de compte dramatique ou plutôt intense.

La réalisation aussi est très simple, très froide. Bergman, comme à son habitude, filme ses acteurs comme si on était aux théâtres; ça se marque par des plans très larges nous représentant les lieux comme s'ils étaient autant de plateaux scéniques. La mise en scène est très théâtrale; les personnages ont des indications précises de déplacements et on sent très fort l'influence d'un certain Stanislavski. Car, même si le tout est filmé à la manière d'une pièce, c'est un film qui montre les choses de manière parfaitement réaliste. Alors que le théâtre a l'image d'un art non réaliste, plutôt symbolique, la caméra de Bergman transfigure ce côté pour nous livrer des personnages à nu, sans sophistication aucune, sans théâtralité (même si c'est très paradoxal)

Il n'y a pas, à proprement parler, d'interprétation: Les acteurs vivent leur personnage et s'identifient totalement en eux, choses rendant impossible de donner une cote, comme on pourrait le faire en académie. La technique ne se sent jamais, et tous est fait de petits gestes, de regards d'une précision diabolique (on devine tout de suite les pensées des personnages sur leur simple regard), et de sentiments; pas franchement cachés ni franchement exposés, le tous rendant une impression de précision et de réalisme extrême. Le film, à proprement parler, ne se déroule que en une scène et en trois plan: Un plan large, un rapproché côté fille et un rapproché côté mère. C'est tout. A partir de là, seul compte les choses dites, les regards fuyants, l'histoire de ces deux êtres qui ne se sont jamais compris, jamais réellement aimé et qui, pour la première fois, se détestent.

Il n'y a pas de bande son; pas de musique, pas d'effets, rien: juste des voix et, par ci, par là, un tic-tac d'un horloge à laquelle on aimerait demander de se taire, tant le temps paraît insoutenablement long: non pas que l'on s'ennuie, mais étant oppressé en permanence, on aimerait avoir des bruits rassurants comme le chant d'un oiseau ou les cris d'enfant. En fait de chants d'oiseaux, il s'agit d'une malade qui hurle sa douleur et les enfants rythmant le temps; c'est cette horrible horloge.

Il faut voir ce film pour se rendre compte de ce que c'est que la méchanceté; méchanceté bien plus horrible que celle que l'on peut voir dans un film américain parce que celle ci est en quelque sorte naturelle; elle découle d'incompréhension de deux êtres incapables de se livrer et n'en ayant pas l'expérience; c'est pourquoi ils le font si mal, de manière si douloureuse.

Le film finit sur un écran noir: pas de crédit, pas de musique qui pourrait amoindrir l'intensité du drame qui s'est joué devant nous, rien. On reste là, à regarder cet écran, à se demander si, oui ou non, on peut repousser ce cauchemar.

DistributionModifier

  • Ingrid Bergman : Charlotte
  • Liv Ullmann : Eva
  • Lena Nyman : Helena
  • Halvar Björk : Viktor
  • Marianne Aminoff : La secrétaire particulière de Charlotte
  • Arne Bang-Hansen : Oncle Otto
  • Gunnar Björnstrand : Paul
  • Erland Josephson : Josef
  • Georg Løkkeberg : Leonardo
  • Mimi Pollak : le professeur de piano
  • Linn Ullmann : Eva enfant

Fiche techniqueModifier

RécompensesModifier

  • Bodil du meilleur film européen en 1979
  • Ingrid Bergman, meilleure actrice étrangère (avec Liv Ullmann) pour le Prix David di Donatello en 1979, au National Board of Review en 1978, à la National Society of Film Critics en 1979 et au New York Film Critics Circle en 1978
  • Meilleur film étranger au Golden Globes en 1979
  • Ruban d'argent de la meilleure réalisation pour Ingmar Bergman en 1979

Lien externeModifier


Retrouvez tous les détails techniques sur la fiche IMDB

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