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Psychose (Psycho) est un film américain d'Alfred Hitchcock, en noir et blanc, sorti en 1960.

Analyse critiqueModifier

À Phœnix en Arizona, le vendredi 11 décembre, entre 12 heures et 14 heures, Marion Crane et Sam Loomis se retrouvent clandestinement dans une chambre de l’Adam’s Hôtel. S’ils s’aiment, le manque d'argent leur interdit pourtant le mariage : Sam, divorcé, doit payer une pension alimentaire à sa femme et son petit commerce de quincaillerie ne lui permet pas d’offrir à Marion la vie aisée qu’il souhaite pour elle. Mais Marion n’accepte plus cette vie faite de rencontres à la sauvette.

Aussi, de retour à son bureau, après avoir assisté à une transaction immobilière réalisée par son patron, George Lowery, elle ne dépose pas à la banque l’argent du client Tom Cassidy qui lui est confié (40.000 dollars), rentre chez elle, fait ses valises et quitte Phœnix en voiture dans l’intention de rejoindre son amant, Sam, à Fairdale avec l'argent.

Elle roule de longues heures jusqu’à ce que la fatigue de la conduite nocturne l’oblige à s’arrêter sur le bas-côté. Elle passe la nuit dans son véhicule et est réveillée par un policier soupçonneux qui contrôle ses papiers. Arrivée dans la ville suivante, elle juge plus prudent de changer de voiture et de payer en espèces son achat au grand étonnement du vendeur et sous le regard inquisiteur du policier qui la surveille de loin. Elle poursuit sa route quand une pluie diluvienne la contraint à s’arrêter dans un motel pour y passer la nuit. Ce dernier est tenu par Norman Bates et sa mère. Marion est l'unique cliente.

Norman choisit pour Marion une chambre contiguë à son bureau ; puis, très prévenant, l’invite à partager un repas frugal avec lui dans ce même bureau. Marion accepte. Norman se rend alors vers la maison qui se dresse au-dessus du motel pour préparer la collation. Des éclats de voix se font entendre dans la nuit et Marion comprend que la mère de Norman reproche à son fils d’inviter la jeune femme. À son retour, il lui demande d’excuser sa mère « qui est malade ». Après une longue discussion qui fait prendre conscience à Marion que sa fuite est une erreur et que Norman vit sous la coupe de sa mère, les deux jeunes gens se séparent. Marion calcule ce qu’elle devra rembourser à son patron, puis se déshabille. Par un trou fait dans la cloison, Norman épie la jeune femme qui prend une douche. Surgit alors brutalement une silhouette menaçante de vieille femme - la mère de Norman - qui frappe Marion à coups de couteau et disparaît. Norman, revenu en toute hâte, découvre, horrifié, le meurtre commis par sa mère. Il nettoie la douche et efface les traces du crime. Puis il immerge dans un marais voisin la voiture et le corps de Marion.

Plus tard, à Fairdale, Sam Loomis reçoit la visite de Lila, la sœur de Marion, inquiète de ne pas avoir de nouvelles ; puis celle de Arbogast, détective privé, engagé par le patron de Marion pour retrouver les 40 000 dollars disparus. Arbogast comprend que Sam et Lila ne sont pas les complices de Marion et se met à la recherche de Marion en faisant le tour des hôtels de la ville. Son enquête le conduit jusqu’au motel des Bates. Il interroge Norman puis, rendu soupçonneux par les informations contradictoires de Norman, décide de parler à la mère de ce dernier. Il pénètre dans la maison et monte l'escalier quand la mère de Norman apparaît brusquement sur le palier et le poignarde à mort.

Lila et Sam, sans nouvelle du détective, alertent le shérif Chambers qui leur apprend que la mère de Norman est décédée depuis dix ans après avoir empoisonné son amant et s’être donnée la mort. Ils décident alors de se rendre à leur tour au motel des Bates. Après une discussion orageuse, Norman assomme Sam alors que Lila pénètre dans la maison et finit par découvrir dans la cave le corps momifié de madame Bates. Norman, habillé en femme, surgit soudain en brandissant un couteau, prêt à poignarder Lila. Sam intervient in extremis et le neutralise. Un psychiatre, le docteur Richman explique à Sam et Lila le cas psychique de Norman Bates que l’on voit désormais entièrement possédé par la personnalité de sa mère.

Hitchcock aborde le cas d'un tueur schizophrène qui n'a pas pu réaliser le travail du deuil de sa mère. Mais il envoie auparavant son spectateur sur une série de fausses pistes riches en suspense. On allait y voir pour la première fois une vedette mourir avant même la moitié du film.

Pour le plan d'ouverture, Hitchcock envisageait de tourner à partir d'un hélicoptère. Mais à cette époque, les systèmes de stabilisation tels que la Wescam n'existaient pas encore, et la caméra tremblait terriblement, rendant le plan inutilisable. Il eut alors l'idée de ce panoramique horizontal, associé à un zoom avant s'approchant de l'immeuble, puis à ces raccords progressifs jusqu'à ce que la caméra pénètre dans la chambre d'hôtel.

La maison du film existe toujours et on peut la voir lors de la visite des studios Universal. On y apprend à cette occasion que le liquide utilisé pour simuler le sang dans Psychose était du chocolat, ce qui fait partie des petits avantages que permet le tournage en noir et blanc. C'est d'ailleurs pour ne pas montrer la couleur rouge du sang que Hitchcock a choisi de tourner son film en noir et blanc.

Pour la scène du meurtre dans la douche, une doublure féminine a été utilisée pour de nombreux plans. Hitchcock pensait qu'il était préférable d'engager une fille déjà accoutumée à être nue devant un public que de demander à Janet Leigh de tourner ces plans. Cette doublure leur permettait avant tout de tester la translucidité du rideau de douche (pour vérifier si le corps nu était bien dissimulé par le rideau et pouvoir ainsi choisir les plans les plus adéquats) et pouvoir filmer les plans où Norman enroule le corps de la victime dans le rideau, puis le transporte dans la voiture.

Cette scène a nécessité sept jours de tournage et soixante-dix positions de caméra. Le découpage de la scène visait en partie à éviter tout problème avec la censure : aucun plan montrant les seins de l'actrice ou le couteau tailladant son corps ne sont visibles, et le montage provoque chez le spectateur l'impression contraire, si bien que lors d'une projection en compagnie d'un membre de la censure, celui-ci fut persuadé d'avoir vu un sein pendant le meurtre.

Lors de la sortie du film, Hitchcock chercha un moyen d'obliger les spectateurs à ne pas pénétrer dans la salle après le début du film. Il voulait ainsi éviter que les retardataires qui n'ont pas assisté au meurtre de Janet Leigh ne commencent à s'impatienter de ne pas la voir arriver à l'écran.

Il conclut finalement un accord avec les directeurs des grandes salles de cinéma pour que tout spectateur en retard se voie obligatoirement refuser l'entrée en salle. À l'entrée de la plupart des grandes salles figurait une pancarte où était inscrit, sous l'effigie d'Hitchcock :

Nous ne vous laisserons pas gâcher votre plaisir ! Vous devez voir Psychose du début à la fin pour l'apprécier correctement. En conséquence, n'espérez pas être admis dans le cinéma après le début d'une des séances du film. Personne, et je dis bien personne, pas même le frère du directeur, le président des États-Unis ou la reine d'Angleterre ! (Dieu la bénisse !) Le tout suivi d'une signature d'Hitchcock. Psychose est un des plus grands succès d'Hitchcock. Tourné volontairement en noir et blanc, il n'a coûté que cent mille dollars et en a rapporté plusieurs dizaines de millions. Le film a eu deux suites dont la deuxième réalisée par Antony Perkins lui-même. Psychose est extrêmement épuré au niveau des décors et il est muet pour la moitié du temps (il comporte deux ou trois bobines sans aucun dialogue). La mise en scène est aiguisée comme le couteau qui sert aux meurtres à commencer par le générique qui montre des bandes noires et blanches entrelacées sur une musique stridente.

Hitchcock insiste sur l'opposition des lignes verticales et horizontales : la grue coupant l'horizon de Phoenix au début, Marion couchée et Sam debout dans les premières minutes de la scène de la chambre d'hôtel, la maison verticale par opposition au motel horizontal.

Un autre thème cher à Hitchcock et largement exploité dans Psychose est l'opposition du bien et du mal et la notion de châtiment. Aucun des personnages de Psychose n'est réellement sympathique ni honnête. Sam a une liaison illégitime avec Marion qui se promène fortement dévêtue , et surtout qui dérobe l'argent, cet argent étant lui-même d'origine douteuse. Norman Bates désire fortement Marion dès l'instant où il la voit et fait le voyeur à travers un trou du mur.

DistributionModifier

  • Anthony Perkins : Norman Bates
  • Janet Leigh : Marion Crane
  • Vera Miles : Lila Crane
  • John Gavin : Sam Loomis
  • Martin Balsam : Sam Arbogast
  • John McIntire : le shérif Chambers
  • Lurene Tuttle : Mrs Chambers
  • Simon Oakland : le docteur Richmond
  • Caméo d'Alfred Hitchcock : à la 6e minute, il attend devant l'agence avec un chapeau de cow-boy.

Fiche techniqueModifier

  • Titre original : Psycho
  • Réalisation : Alfred Hitchcock
  • Scénario : Joseph Stefano, adapté d'un roman de Robert Bloch, inspiré de faits réels ( le tueur en série Ed Gein).
  • Musique : Bernard Herrmann
  • Production : Alfred Hitchcock, (Paramount Pictures)
  • Durée : 109 minutes
  • Format : Noir et blanc - Mono (Westrex Recording System)
  • Date de sortie : États-Unis : 16 juin 1960
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