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Mysterious Skin est un film américain réalisé par Gregg Araki, sorti en 2004 et inspiré du livre homonyme de Scott Heim.

Synopsis Modifier

À Hutchinson au Kansas, Neil vit avec sa mère célibataire au gré de la succession des petits amis de celle-ci. Au cours de l'été de ses 8 ans, Neil McCormick a été abusé sexuellement par Heider, l'entraîneur de son équipe junior de base-ball. Au cours de son adolescence, Neil se prostitue avec des hommes plus âgés, ce qui inquiète sa meilleure amie Wendy, ainsi qu'Eric, lequel est amoureux de lui.

Dans la même ville, le même été, Brian Lackey a oublié 5 heures de sa vie. Sa sœur l'a retrouvé dans un placard, le nez en sang. Lors de la fête d'Halloween suivante, cinq autres heures disparaissent de la mémoire de Brian. Celui-ci est régulièrement victime de saignements de nez et d'évanouissements soudains. Brian finit par croire qu'il a été enlevé par des extra-terrestres.

Plus tard, alors que Neil part vivre à New York avec Wendy, Brian tente de se remémorer la soirée oubliée. Elle lui revient peu à peu en mémoire, notamment le visage d'un autre enfant qui était présent. Brian parvint à retrouver l'identité et l'adresse de Neil après le départ de ce dernier pour New York. En attendant le Neil, Brian se lie d'amitié avec Eric.

La veille de Noël, Neil, marqué par une passe qui finit en viol, raconte à Brian ce qui s'est passé lors des heures qui avaient disparu de sa mémoire.

Critique Modifier

Mysterious Skin a pour thème la pédophilie et les conséquences de celle-ci sur les enfants qui en sont victimes, voire ceux qui en culpabilisent, comme Neil ou ceux qui oublient parce que le souvenir est trop douloureux, dans ce cas le cerveau nie la vérité pour se protéger.

Mysterious Skin relève de cette rareté, un cinéma à sujet qui ne verse jamais dans le cinéma dossier. Stylé, romanesque, le film de Gregg Araki est empreint d'une délicatesse et d'une maturité inédites chez l'auteur de The Doom Generation et Nowhere. Son territoire reste pourtant inchangé : l'adolescence et ses abîmes.

A l'amnésie pathogène de Brian le montage confronte la mémoire transparente de Neil. Plus précisément, sa nostalgie d'une relation sexuelle et amoureuse entretenue, quand il avait 8 ans, avec son entraîneur de base-ball, un blond moustachu digne d'une couverture de Playgirl. Gregg Araki affecte à cette évocation le plus fort coefficient de trouble possible. Les faits sont irréfutables, montrés sans ambages, mais l'effroi qu'ils inspirent rencontre un courant contraire : la subjectivité de Neil, le goût de paradis perdu qui imprègne ses souvenirs reconstruits, quasi féeriques, et que la réalisation reflète, en toute empathie pour lui. Film funambule, on l'aura compris, Mysterious Skin ne tombe jamais du mauvais côté, ni même dans l'ambiguïté ou le flou.

Araki sait ce qu'il filme, et de quel point de vue. Y compris lorsqu'une partie de l'action se déplace à New York, où Neil passe à la vitesse supérieure du tapinage. Le sentiment de perdition est bien là, omniprésent, mais pas le dégoût de l'humanité. La tendresse et la compassion restent possibles, du garçon à ses clients, de même qu'elles ne font jamais défaut au cinéaste. Entre Neil et Brian, quelques personnages secondaires, tous finement écrits et joués, des figures chaleureuses de mère , d'ami homo, d'amie hétéro... Autant de témoins bienveillants et néanmoins impuissants.

Le mouvement du récit semble psychanalytique : il s'agit pour Brian de mettre au jour le traumatisme qui l'empêche de vivre. Pour cela, il lui faut retrouver la trace de Neil. Mais le freudisme du film n'a rien d'hollywoodien : savoir, ce n'est pas forcément guérir. Et c'est ainsi qu'aux qualités déjà citées de Mysterious Skin, à son éclat mélancolique et à sa douceur s'ajoute, en dernier lieu, une terrible lucidité.

À cause des scènes montrées entre Neil et l'entraîneur Heider, l'Australian Family Association a réclamé l'interdiction du film en Australie. Certains ont craint que ces scènes servent de « manuel d'instruction » pour apprentis pédophiles. Le Classification Review Board a voté à 4 voix contre 2 pour le maintien d'une limitation de type R (limité aux spectateurs de 18 ans et plus).

Distribution Modifier

Fiche technique Modifier

  • Titre original : Mysterious_Skin
  • Titre français (Québec) : Souvenirs dans la peau
  • Réalisation : Gregg Araki
  • Scénario : Gregg Araki, d'après un roman de Scott Heim, Mysterious Skin, éd. Au Diable Vauvert.
  • Produit par : Gregg Araki
  • Musique originale : Harold Budd ; Robin Guthrie
  • Image : Steve Gainer
  • Montage : Gregg Araki
  • Durée : 99 minutes
  • Dates de sortie : 3 septembre 2004 (Mostra de Venise)  ; 30 mars 2005 (France)


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