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Lust, caution (titre original 色 戒 , sè·jiè) est un film sino-américain (Le bureau d'Ang Lee a demandé à la Mostra de classer ce film non comme sino-américain mais comme taïwanais ) d'Ang Lee, sorti pour la Mostra de Venise en 2007. Il a remporté le Lion d'Or du meilleur film.


SynopsisModifier

À Hong Kong, pendant l'occupation de la Chine par les Japonais. Le gouvernement chinois est à la solde de l'occupant ; les nationalistes de Tchang Kaï-chek tentent de le renverser. Cinq étudiants idéalistes, qui se sont rencontrés en interprétant une pièce patriotique, complotent pour assassiner le politicien Yee. Ils sont naïfs, sans réelle conviction politique et leur conspiration relève plus du théâtre amateur que du terrorisme. Ils vont être brutalement confrontés au monde réel et amenés à sacrifier bien plus que ce à quoi ils étaient prêts. La jeune Wong Chia Chi, qui doit devenir la maîtresse de Yee pour l'attirer dans un guet-apens, est encore vierge. Pour être crédible dans son rôle de femme fatale, elle se laisse déflorer et se « perfectionne » avec un condisciple.

Shanghai, quatre ans plus tard. Leur tentative a avorté mais une occasion de poursuivre leur plan se présente. Ils sont recrutés par les services secrets du Guomindang. Afin d'entrer dans l'intimité de sa cible, Wong Chia Chi se lie d'amitié avec son épouse oisive et parvient à prendre le mari dans ses rets. Ce dernier, courtois et raffiné en public, défoule sur elle ses pulsions dominatrices. Au début méfiant, il se laisse pourtant amadouer par la douceur et l'équanimité de la jeune femme.

La victime consentante se retrouve malgré elle envoûtée par son bourreau. Pour ne pas être démasquée, elle s'est pleinement investie dans son rôle, au point de ne plus distinguer sa vraie personnalité du simulacre. Quand elle rend compte à ses supérieurs, c'est d'une voix sans timbre, qui masque la passion qu'elle manifeste lors des ébats sauvages avec son amant. Lorsqu'il devient évident que Yee est sincèrement épris d'elle, elle va devoir choisir entre deux loyautés, son pays ou l'homme qui s'est métamorphosé à son contact.

CritiqueModifier

"Désir, prudence" nous avertit clairement le titre, deux mots qui sonnent l'alarme, autant sur les liaisons dangereuses du sexe et de l'amour que sur celles du jeu et du réel, de l'art et de la vie. L'histoire mise en scène par Ang Lee, d'après une nouvelle d'Eileen Chang, romancière chinoise morte en 1995, serait authentique. En 1939, une espionne servit ainsi d'appât pour le chef des services secrets des pro-japonais, considéré par le parti nationaliste comme un traître, un certain Ting Mo-ts'un. Les récits chinois regorgent de ce type de personnage féminin, voué par abnégation à tendre un piège à l'ennemi par le "stratagème de la beauté".

L'astuce du film est d'entretenir parallèlement deux suspenses. Mme Mak parviendra-t-elle à ensorceler ce flic froid, imperturbable, qui semble étouffer d'ennui autant qu'il suinte de méfiance, et son organisation secrète pourra-t-elle l'éliminer ? Mme Mak ira-t-elle jusqu'au bout de sa mission, lassée de se voir manipulée par ses camarades de complot, et troublée par les ivresses qu'elle a découvertes dans les draps de M. Yee ? Le doute s'installe. Subit-elle les événements qui entravent le crime politique, ou les provoque-t-elle ?

Ang Lee joue lui aussi sur deux tableaux. Soignant d'un côté sa reconstitution du Shanghaï de la première moitié du XXe siècle, semant de l'autre des références à Alfred Hitchcock, ici une affiche de Soupçons, là une démonstration de la difficulté à supprimer un homme . Sa mise en scène s'attarde sur les subterfuges par lesquels Mme Mak trompe ses hôtes comme le maniement du téléphone, la dextérité à manoeuvrer les pièces du mah-jong, l'ajustement d'une boucle de cheveux. Mais Ang Lee démontre ainsi une nécessité du travestissement des sentiments et de l'identité. double jeu et échange des contraintes : Elle lui avoue ne pas savoir faire semblant, tandis qu'il confesse être "la putain". Signé par un homme qui se définit comme un "faux Chinois à Taïwan qui vit en étranger aux Etats-Unis", Lust, Caution est un film sur le déni de soi.

Les scènes d'alcôve sont assez crues, isolant un porte-jarretelles, une ceinture de cuir, des poils d'aisselle, elles sont peintes avec un mélange de tension érotique et de brutalité, chorégraphie de corps à la fois dominants et soumis, dans un échange sado-maso. Elle est malmenée, ligotée, dans la délicieuse confusion du "je t'aime, je te tue", et lui ferré autant qu'épris, ayant l'air de souffrir mille morts en jouissant. Le film a été interdit aux moins de 17 ans aux USA , aux moins de 12 ans en France. En Chine il a été partiellement coupé, mais autant pour ces raisons érotiques que pour les écarts avec l'histoire officielle

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier

  • Titre : Lust, caution
  • Titre original : Se, jie
  • Réalisateur : Ang Lee
  • Scénario : James Schamus & Hui-Ling Wang d'après le roman de Eileen Chang
  • Production : Focus Features
  • Musique originale : Alexandre Desplat
  • Image : Rodrigo Prieto
  • Montage : Tim Squyres
  • Durée : 156 min
  • Dates de sortie 28 septembre 2007 (USA); 16 janvier 2008 (France)
  • Lion d'Or à la Mostra de Venise 2007

(fr/en) Lust, Caution sur l’Internet Movie Database - Version plus complète en anglais

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