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Les Valseuses est un film français réalisé par Bertrand Blier en 1974, adapté son roman homonyme

SynopsisModifier

La cavale de deux marginaux, qui se servent dans la vie comme dans un supermarché. Liés par une forte amitié, deux révoltés en cavale veulent vivre a fond leurs aventures. Cette fuite sera ponctuée de provocations et d'agressions mais également de rencontres tendres, instants de bonheur éphémères.

CritiqueModifier

Bertrand Blier adapte son propre roman homonyme publié l’année précédente. Pour beaucoup de monde, Les Valseuses est son premier film tant celui-ci a marqué les esprits, alors qu’il s’agit en fait de son quatrième long-métrage. La presse, très critique à l’époque, n’y va pas de main morte en qualifiant le film de "honteux", "immoral", "scandaleux", ou encore "‘profondément choquant". Ce que Blier, sans le cacher, visait délibérément. La polémique est née, le film est interdit aux moins de 18 ans.

En faisant des voyous de son histoire ses héros, le cinéaste sait pertinemment qu’il bouscule les idées et les conventions. Il confronte deux mondes qui n’ont rien ou presque en commun : celui des gens de condition moyenne et de condition plus aisée, à celui des petits délinquants, des marginaux, des petits voyous à la limite du pathétique, dont le seul but est la recherche de la liberté et du plaisir immédiats, irréfléchis. L’insolence des dialogues, la crudité extrême de certaines situations, l’anticonformisme revendiqué des deux personnages principaux font tout le sel d’une comédie qui à la base est un pur vaudeville. Cela ne ment pas, et le film est gratifié d’un véritable triomphe populaire.

Dans la bouche d’autres acteurs, le phrasé et le verbe si particuliers de Blier pourraient sonner faux. Mais dans celles de Dewaere et Depardieu, ils trouvent une poésie et une justesse éblouissantes à l’image de leurs prestations. Pierrot et Jean-Claude tels deux clowns modernes se lient d’une amitié indéfectible, et très souvent, derrière la grossièreté de la farce, surgît une vraie tendresse. Les Valseuses marche à la provocation, c’est sa dynamique.

Un ton gouailleur, une alchimie de mots qui claquent et résonnent comme une partition musicale. C’est le duo Dewaere/Depardieu qui apporte cela, et la présence de Miou-Miou rajoute cette part d’innocence et de naïveté inhérente à tous les contes. Quand le film ne parle pas crument et sans détour de sexe et de frigidité, il évoque l’amitié, la solitude et l’ennui que tous les personnages tentent de fuir. Cette France provinciale piquée à vif (la pique de Jean-Claude au début du film "Pas d‘erreur possible, on est bien en France") qui enferme et étouffe, qui juge aussi, les deux héros veulent s’en détacher, dans une continuelle fuite en avant.

Le film est construit sur cette fuite et ce sera ensuite une thématique récurrente du cinéma de Bertrand Blier avec celles de la passion amoureuse et du triangle relationnel. Il commence avec ce travelling arrière montrant une femme poursuivie dans les rues par les deux iconoclastes tout de suite relayé par un travelling avant et ainsi de suite. Son film fonctionne comme un road-movie : des personnages constamment sur la route, des lieux différents entre les scènes, des gens qui se croisent, la voiture omniprésente. Blier colle à ses héros, les montre sous presque tous les angles, dans leur beauté sauvage, comme leur laideur. Il insiste sur les détails, sur les quiproquos, sur les malentendus et les coups de gueule.

La cadence est impressionnante, et les saynètes se suivent sans jamais se ressembler, en une succession ininterrompue de péripéties.

Les scènes anthologiques sont légions: l’allaitement de Pierrot par Brigitte Fossey en femme de militaire retrouvant son mari après une permission, coincée dans ce wagon avec les deux zigotos : une scène à la limite du voyeurisme mais qui s’en détache par son lyrisme et son empathie. Celle du triolisme au lit, avec la brochette Miou-Miou / Depardieu / Dewaere et ses répliques mordantes, et pour tout dire hilarantes, autour de la question de la frigidité.

Il faut voir les regards de Depardieu à Dewaere, leurs sourires non feints, que l’on couperaient au montage de nos jours, cette symbiose de deux géants qui s’abandonnent au gré de la magie d’une rencontre cinématographique unique. Pouvant tout jouer, Depardieu se régale. Dewaere, un peu plus en retrait, car c’est son rôle qui veut ça) est extraordinaire. Les seconds rôles ne manquent pas non plus de talent. Jeanne Moreau, en veuve quinquagénaire est sublime de pudeur et d’affect intériorisé. Isabelle Huppert, en nymphette de seize ans est ici troublante en jeune fille ivre de désir.

Les Valseuses est un film incontournable de la comédie française. Il montre à quel point Bertrand Blier dont l’humour peut plaire ou pas, est un cinéaste de la modernité, de l’observation des comportements, et un dialoguiste hors pair, génial. "On est pas bien là ? Paisibles, à la fraîche, décontractés du gland, et on bandera quand on aura envie de bander… " Tout un programme en somme...

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier


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