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Les Noces rouges est un film franco italien réalisé par Claude Chabrol et sorti en 1973.

SynopsisModifier

Dans une ville de province de moyenne importance (Valençay), Paul est le député-maire qui investit beaucoup de son temps dans les relations publiques. Sa femme, Lucienne, a un amant, Pierre, conseiller municipal .

Paul est au courant de cette relation extraconjugale. Pierre est marié à Clotilde, gravement malade. Il empoisonnera sa femme. Paul révèle un jour à Pierre et à Lucienne qu'il sait tout de leur relation amoureuse. L'amant et la femme infidèle assassinent donc Paul. Mais sa fille dénoncera les coupables à la police.

CritiqueModifier

Le film s'ouvre sur une citation d'Eschylle tirée des Euménides (actes IV scène 1):
Oreste: "déesses, décidez si je suis innocent ou coupable. Quel que soit votre arrêt, je m'y soumets".
Minerve: "Cette cause est difficile. Quel mortel oserait la juger ?"

Chez Lucienne et Pierre, les amants, l'interdit est manifestement vécu avec jubilation. Lors de leur première étreinte, l'un annonce dans une sorte de sourire de contentement que « ça va être horriblement compliqué ». Et l'autre de renchérir : « horriblement ».

Puis les choses s'assombrissent. Pierre, après avoir empoisonné Clotilde, explique à Lucienne que « c'est pour être plus libre ». En fait, la mort de son épouse rend leur liaison plus difficile encore et donc plus jouissive. Désormais, le moindre indice peut accuser Pierre, qui a justifié son geste en expliquant que Clotilde « n'avait aucun goût pour la vie ». L'argument est évidemment spécieux. Lucienne et Pierre s'enfoncent, doucement.

Cette déchéance est symbolisée, rendue évidente par la nuit. Après la mort de Clotilde, les amants trahissent une attirance pour l'obscurité. Ils y trouvent des explications fallacieuses : « plus l'hiver va s'approcher, plus les nuits seront longues », dit Pierre, comme pour faire rêver, sa maîtresse à de futurs rendez-vous, plus longs encore.

L'inavouable est nocturne, à l'instar du meurtre de Paul, commis dans une nuit interminable. Et là encore, la disparition du mari implique inévitablement un redoublement de méfiance. Au début, les amants jouissaient d'une relative liberté : il leur suffisait de sortir de la ville pour être tranquilles ; puis, la mort de Clotilde exigeait qu'ils se rencontrent la nuit. Désormais, ils se méfient du moindre regard : ils ne se sont jamais autant désirés.

Quand le commissaire, venu chercher les amants criminels, leur demande pourquoi ils ne sont pas partis, « tout simplement », la réflexion relève effectivement du bon sens. Mais Lucienne et Pierre ont l'air de s'en étonner. « Partir ? Ailleurs ? » : leur réaction est hagarde, enfantine. Ils n'y avaient jamais pensé. Ou plutôt, ce n'était pas pensable. Leur idylle n'a eu de sens que confrontée aux multiples dangers. Leur amour n'aura été qu'un moyen d'échapper à l'ennui. Or, dit Chabrol, l'ennui est le pire des crimes car le crime est fruit de l'ennui.

Hélène, la fille de Lucienne va jouer un rôle clé même si son personnage parait longtemps très secondaire. Elle méprise le vaudeville qui se joue en sa présence. Au cours d'un repas, Paul ordonne que sa fille se retire afin que lui, Lucienne et Pierre puissent parler entre adultes. Sans le savoir, il a confisqué à Hélène sa fonction de spectatrice, ce qui motive doublement sa soif de connaissance. Dans l'instant qui suit cette punition, elle espère, par une question pressante, obtenir des aveux complets de Lucienne sur son adultère. Cette dernière esquive tant bien que mal. Plus directement encore, Hélène demande à sa mère, après la mort du mari, si elle et Pierre en sont les assassins : Lucienne avoue alors l'adultère. Ainsi à chaque fois, Hélène en sait-elle plus que ce que sa mère veut bien dire.

En écrivant la lettre à la police, Hélène a pour elle le droit moral à la vérité, la certitude de bien agir au nom d'une complicité exemplaire avec sa mère. En fait, cette aspiration à la justice ne tient pas compte de son entourage. Que ne ferait-elle pas pour vivre, enfin, comme maman, les délices de la tragédie ! Hélène ne pouvait évidemment pas deviner que sa mère, en excellente comédienne, a surtout joué à se faire peur, Cette notion de jeu se retrouve dans le ton du film, qui contredit le contenu morbide.

Les Noces rouges, c'est avant tout une comédie aigre-douce, parfois acerbe quand le regard chabrolien perce la bourgeoisie provinciale, admirablement jouée par des acteurs au meilleur de leur forme (Audran, Piccoli, Piéplu). Leur travail à eux était d'autant plus périlleux qu'il s'agissait, en définitive, d'incarner dans une sorte de mise en abyme d'autres « comédiens de la vie».

La construction dramatique est rigoureuse et classique: 10 mn sur la situation actuelle: l'adultère; 20 mn de flash back sur cette relation coupable vécue sur le mode idyllique. 20 mn d'amours coupables jusqu'à leur découverte par le mari. 25 mn pour mettre au point et exécuter le meurtre du mari. 15 mn d'enquête policière jusqu'à l'arrestation finale.

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier


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