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Les Glaneurs et la glaneuse est un film documentaire français de Agnès Varda sorti en France en 2000.


Synopsis Modifier

Le film suit une série de glaneurs à la recherche de nourriture ou de babioles et leur entourage. Varda voyage à travers la France non seulement pour filmer des glaneurs ou grapilleurs de la campagne mais également des glaneurs de la ville et les gens liés à cette activité, ceux qui récupérent et recyclent. Elle montre notamment un restaurateur aisé dont les ancêtres étaient des glaneurs. Le film se concentre un temps sur Alain, un glaneur urbain qui a choisi ce style de vie bien qu'il ait un master en biologie. Il vit dans un refuge où il apprend le Français à des immigrés.

Varda s'intéresse aussi à des artistes qui incorporent des objets recyclés dans leurs œuvres, à des symboles qu'elle découvre au cours du tournage (dont une pomme de terre en forme de cœur et une pendule sans aiguille) et à la législation concernant le glanage en France.

Elle recherche aussi des tableaux sur le glanage et fait ressortir des réserves de musée des œuvres tombées dans l'oubli.


Critique Modifier

Ce documentaire est notable pour son utilisation d'une petite caméra tenue d'une main et de ses techniques de film. Par exemple, Varda utilise un plan tourné lorsque, ayant oublié d'éteindre la caméra, celle-ci filme le cache de l'objectif en mouvement.

Dans Les Glaneurs et le glaneuse, Varda se filme en train de se peigner et il y a beaucoup de plans sur ses mains. Régulièrement elle "attrape" des camions le long de l'autoroute, plaçant sa main faisant un rond devant la caméra et faisant semblant de les attraper en refermant sa main.

La plupart de ces plans sont incorporés à l'œuvre de Varda pour montrer qu'en tant que réalisatrice, elle aussi est une glaneuse, celle du titre du documentaire.

Les Glaneurs et la glaneuse sont l’occasion pour la cinéaste de parcourir la France à la recherche d’histoires, de destins, et de visages. On part ainsi du célèbre tableau de Millet, Les Glaneuses, et de la campagne pour aborder l’univers urbain et les "visiteurs" de poubelles. Chaque arrêt de cette promenade est l’occasion d’évoquer un fait d’actualité (le gaspillage agricole, la misère en ville, etc.) sans toutefois s’appesantir.

Le film d’Agnès Varda est à mille lieues de l’exposé didactique. Il s’agit avant tout d’écouter ce que les gens ont à dire, sans forcer les conclusions faciles. Si la cinéaste possède un vrai talent pour pointer du doigt les contradictions de notre société, la forme du film s’apparente, quant à elle, à un certain nomadisme visuel. Il souffle un agréable air de liberté sur Les Glaneurs et la glaneuse en grande partie dû à l’esprit d’indépendance qui anime son auteur. Cinéaste citoyenne, Agnès Varda n’en est pas moins une fine esthète qui sait capter et s’attarder sur les plus discrètes beautés de notre environnement, comme le violet éclatant des pousses de pommes de terre en germe, ou le brun uniforme d’un champ en friche. Parfois, le propos se fait plus intime, avec des pointes autobiographiques sur "la glaneuse à la caméra", Varda elle-même, qui scrute courageusement en gros plan ses mains abîmées par la vieillesse.

Sur le plan formel, le film cherche en plus un accord difficile, délicat, un point de contact entre sa forme et la singularité du propos. Ainsi, très souvent il semble loin de sa base, un peu hors sujet ; au fil d’une conversation, d’autres questions s’esquissent, d’autres réalités affleurent, des vies se dessinent ou bien, à l’occasion, on va au musée, à une expo, on filme des camions, des fleurs, des animaux.

Toujours la caméra joue le jeu et le montage, au risque de raccords de séquences parfois abrupts ou aléatoires, garde la trace de ces digressions, de ces hors-champ. C’est que Varda applique à son film son sujet même : elle glane des plans au hasard, comme ils tombent, au fil de la route, au petit bonheur d’une rencontre de passage. Sans se faire prier, avec plaisir même, elle bouscule sans arrêt le plan de tournage, ajoute et récupère. Cela sonne rarement comme un procédé, c’est en tout cas son principe, bien connu dans la fiction depuis au moins Rossellini et Godard : moins le plan de tournage sera respecté à la lettre, plus réussi sera le film. Glaner, c’est filmer et ce geste, si Varda le comprend si bien, c’est qu’elle le reconnaît. Il est même une séquence drôle, presque suspecte tant elle est un discours de cette méthode : dans une brocante en bord de route, la voiture et le film s’arrêtent pour glaner quelques plans d’objets jusqu’à tomber sur un tableau représentant... des glaneuses. À la manière des chats, c’est la façon de Varda de faire tomber son film sur ses pattes.

Fiche Technique Modifier

  • Réalisation : Agnès Varda
  • Commentaires : Agnès Varda
  • Prise de vues : Stéphane Krausz, Didier Rouget, Didier Roussin, Pascal Sautelet et Agnès Varda.
  • Son : Emmanuel Soland
  • Mixage : Nathalie Vidal
  • Musique originale: Joanna Bruzdowicz
  • Montage : Agnès Varda et Laurent Pineau
  • Production et distribution : Ciné Tamaris
  • Durée : 82 minutes (1 h 22)
  • Date de sortie : 7 juillet 2000


Source partielle Modifier


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