Les Bas-Fonds (1957)
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Les Bas-Fonds (どん底 , Donzoko) est un japonais film de Akira Kurosawa, sorti en 1957.
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[modifier] Synopsis
Dans les bas fonds d'Edo (Tokyo), vers 1860, sous un mur d'enceinte où l'on déverse les ordures, vit un petit monde de déshérités et de " damnés de la terre ", dans un misérable asile tenu par Rokubei et sa femme Osugi, couple de propriétaires avares et impitoyables. On y trouve entre autres un acteur déchu et alcoolique, qui pense qu'il va remonter sur scène, un ex-samurai se vantant d'exploits improbables, un ferrailleur et sa femme moribonde, un joueur invétéré, une prostituée de bas étage, et un voleur qui n'a pas froid aux yeux, ni peur de la police, Sutekichi.
Un jour, alors que la vie semble tant bien que mal suivre son cours dans l'asile, entre jeux d'échec, beuveries et engueulades, arrive un mystérieux vieillard pélèrin. C'est autour de lui que vont se cristalliser les espoirs des petites gens qui vivent là. Le vieux leur permet en effet pour la première fois de croire à leurs espoirs et rêves. Il a en effet compris que le bonheur des gens peut passer par le mensonge: il confirme ainsi leurs espoirs comme possibles: il dit à l'ex-acteur alcoolique qu'il existe un temple où pourra se désintoxiquer, à la vieille femme en train de mourir que l'au-delà est meilleur que le réel, à la jeune prostituée qu'elle trouvera un jour le mari de ses rêves...
Après avoir été l'amant de la propriétaire de l'asile, Osugi, Sutekich, tombe amoureux de sa soeur Okayo et souhaite l'enlever à toute cette misère en quittant la ville. Mais Osugi d'abord jalouse, accepte à une seule condition, que Sutakichi la débarasse de son mari. Alors que Okayo semble prête à suivre le voleur repenti, la propriétaire profite d'une scène de confusion pour tuer son mari et faire accuser Sutakichi.
Le seul à pouvoir le disculper, le vieux pélerin s'est enfui: il semble lui aussi avoir une part d'ombre et beaucoup de choses à cacher à la police...Tout ce petit monde se supporte plus ou moins bien, et noie sa détresse dans l'alcool, tandis que le voleur se moque du policier de service ; jusqu'à ce qu'Osugi, secrètement amoureuse du voleur, s'aperçoive qu'il aime en fait sa sœur, Okayo. Par jalousie, Osugi incite Sutekichi à tuer son mari, qu'elle déteste, provoquant ainsi son arrestation. Après ces violents incidents, Okayo devient folle et le bonze s'en va. Fêtant la mort du propriétaire, les autres boivent du saké, chantent et dansent en cadence, lorsqu'ils apprennent que l'acteur s'est pendu. Le joueur dit alors en guise d'oraison funèbre: " L'imbécile s'est tué pour nous gâcher le plaisir... "
[modifier] Critique
Akira Kurosawa à l'intelligence de ne pas parler directement du problème social qui les a poussés, ici, dans les bas-fonds. Aucun discours social de la part de Kurosawa, à l'inverse de Jean Renoir. Ce qui intéresse le réalisateur c'est l'homme, son fonctionnement, ses richesses et surtout ses faiblesses. Ces hommes sont en attente, prisonniers d'eux-mêmes, avec deux gardiens qui s'appellent Nostalgie et Rêve. Ces deux forces qui les empêchent de sortir de ces bas-fonds et qui rendent le huis-clos génial (car le huis-clos n'est pas un " exercice " ou une " performance " pour Kurosawa, mais correspond au thème même du film) se retrouvent au niveau des personnages. La Nostalgie se retrouve dans le personnage de l'acteur qui vit dans la douceur de ses succès (réels et imaginaires) de jadis, ou bien le Samouraï qui fut jadis le grand homme qu'il n'est plus aujourd'hui. Le rêve se retrouve chez la femme qui s'est inventé une histoire romantique, ou bien encore le vieil alcoolique qui rêve de partir dans un temple où il pourra être guéri, ou bien encore le héros qui rêve de partir pour vivre non plus comme voleur mais comme un travailleur honnête. Mais tout cela n'est pas la réalité. La réalité c'est la mort (celle de la femme malade pour commencer, celui de l'acteur ensuite), c'est la bassesse humaine (les manipulations sordides, les volontés de meurtres) que tous fuient en détournant le regard. De ce film, un seul message, en forme de cri, comme souvent chez Kurosawa, un message courant aussi dans la filmographie du maître (encore d'actualité, il suffit de voir Le Voyage de Chihiro) : agissez, cessez de vous complaire, réagissez, prenez les choses en mains et changez ces choses. Comment ne pas être d'accord avec ce thème qui touche de plein fouet notre société.Intelligence de ne pas parler directement du problème social qui les a poussés, ici, dans les bas-fond. Aucun discours social de la part de Kurosawa, à l'inverse de Jean Renoir . Ce qui l'intéresse c'est l'homme, son fonctionnement, ses richesses et surtout ses faiblesses. Ces hommes sont en attente, prisonniers d'eux-mêmes, avec deux gardiens qui s'appellent Nostalgie et Rêve. Ces deux forces qui les empêchent de sortir de ces bas-fonds et qui rendent le huis-clos génial (car le huis-clos n'est pas un " exercice " ou une " performance " pour Kurosawa, mais correspond au thème même du film) se retrouvent au niveau des personnages. La Nostalgie se retrouve dans le personnage de l'acteur qui vit dans la douceur de ses succès (réels et imaginaires) de jadis, ou bien le Samouraï qui fut jadis le grand homme qu'il n'est plus aujourd'hui. Le rêve se retrouve chez la femme qui s'est inventé une histoire romantique, ou bien encore le vieil alcoolique qui rêve de partir dans un temple où il pourra être guéri, ou bien encore le héros qui rêve de partir pour vivre non plus comme voleur mais comme un travailleur honnête. Mais tout cela n'est pas la réalité. La réalité c'est la mort (celle de la femme malade pour commencer, celui de l'acteur ensuite), c'est la bassesse humaine (les manipulations sordides, les volontés de meurtres) que tous fuient en détournant le regard. De ce film, un seul message, en forme de cri, comme souvent chez Kurosawa, un message courant aussi dans la filmographie du maître (encore d'actualité, il suffit de voir Le Voyage de Chihiro) : agissez, cessez de vous complaire, réagissez, prenez les choses en mains et changez ces choses. Comment ne pas être d'accord avec ce thème qui touche de plein fouet notre société.
[modifier] Distribution
avec indication des personnages correspondants de Gorki
- Toshiro Mifune : Sutekichi, le voleur/ Vassili Pepel
- Isuzu Yamada : Osugi, la propriétaire de l'asile/ Vassilia Karpovna
- Ganjiro Nakamura : Rokubei, son mari/ Mikhail Ivanovitch Kostylev
- Kyoko Kagawa : Okayo, soeur d'Osugi/ Natacha
- Bokuzen Hidari : Kahei, le bonze pèlerin/ Louka
- Minoru Chiaki : Tonosama, ex-samouraï/ le Baron
- Kamatari Fujiwara : l'ex-acteur
[modifier] Fiche technique
- Titre original : どん底 , Donzoko
- Réalisation: : Akira Kurosawa
- Scénario : Akira Kurosawa, Ideo Oguni, d'après la pièce homonyme de Maxime Gorki (1902)
- Directeur de la photographie : Ichio Yamazaki
- Format :35 mm, 1,33 ; noir et blanc
- Montage: Akira Kurosawa
- Musique originale : Masaru Sato
- Producteurs : Akira Kurosawa, Shojiro Motoki
- Société de production et de distribution : Toho
- Durée : 137 minutes
- Date de sortie : 1er octobre 1957
