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La Forêt de Quinconces , film français de Grégoire Leprince-Ringuet, sorti en 2016

Analyse critiqueModifier

Paul et Ondine ont vécu quelques années ensemble mais la jeune femme n'en peut plus. Alors qu'elle court dans un parc et qu'il la suit, elle décide de le quitter. Profondément blessé, il refuse de se laisser aller au désespoir. Par vengeance, il décide de multiplier les conquêtes. Dans le métro, il jette son dévolu sur la jolie Camille. Il la charme, elle se laisse faire. Paul est envoûté par Camille qui cherche un amour exclusif. Mais Ondine revient vers Paul, regrettant finalement d'avoir quitté le jeune homme. Paul est désormais partagé entre la promesse d'une nouvelle relation et le souvenir d'une histoire presque finie.

Le quinconce est un mode de plantation forestier, soigneusement régulier, qui ouvre un nombre important de lignes de fuites ou de chemins à prendre, rectilignes. Soit une multitude de destins qui s'offrent au héros. Mais le film est moins rectiligne que la promesse du titre, c'est un conte romantique écrit pour moitié en vers, une fable enfiévrée, bizarroïde et sensuelle, habitée par l'engagement sans faille, la jeunesse et le charme de ses interprètes.

La principale réussite du film tient à la façon dont il abandonne de manière fluide et répétée le réalisme pour basculer ailleurs, verbalement et visuellement comme dans cette longue séquence quasi onirique de voyage en métro ­aérien qui s'achève par un très beau moment chorégraphié. Les moments versifiés évoquent parfois des passages chantés sans musique, ou avec la seule musique de la voix et des rimes.

Déclarations du réalisateur:

Au tout départ, le scénario est né d’une suite de six ou sept poèmes que j’avais écrits il y a longtemps. Des poèmes sentimentaux, mais avec aussi des choses plus oniriques. En les rangeant dans un certain ordre, avec l’idée de les réunir dans un recueil, je me suis aperçu qu’il y avait un fil dramatique, une narration qui s’ébauchait. J’ai étoffé le récit, les personnages se sont dessinés petit à petit. Epreuve après épreuve, c’est devenu un long métrage.

J’aime écrire en vers car étrangement je trouve ça plus facile. La contrainte est très libératrice : les rimes et la métrique guident l’écriture. La difficulté, c’est de faire en sorte que les vers servent toujours la narration. Je ne voulais pas de systématisme, mais de la surprise tout le temps. Ainsi plusieurs scènes commencent en prose et se finissent en vers, et inversement. Il fallait que l’oreille du spectateur soit simplement charmée par un aspect de la langue enchanteur, et en même temps que la parole poétique se confonde avec des éléments quotidiens.

La fonction des vers est un peu comparable à celle des chansons dans une comédie musicale : on s’extrait de la réalité, et on atteint une vérité. Les personnages sont comme possédés par la poésie, comme si un sort leur avait été jeté. Avec les vers non chantés, je crois qu’on peut davantage aller vers une certaine complexité du rapport. On entre dans un débat. Les personnages s’expliquent, se disputent, argumentent. Et ça me plaisait qu’on puisse rattacher la versification à la dimension fantastique du film. Les vers invitent le spectateur à ouvrir son imagination.

La forêt de quinconces induit l’idée que l’on se perd plus facilement dans un univers normé et rectiligne que dans le désordre apparent des choses. C'est un univers mental où le personnage prend conscience que toutes les voies qui s’offrent à lui sont parfaitement droites et infinies : il est prisonnier de cette trop grande liberté. Je pense que le désordre des choses nous aide à faire des choix. Dans un deuxième temps, la figure du quinconce est reprise pour sa connotation ésotérique et mystérieuse avec le clochard.

Le film est construit sur une série d’oppositions : jour/nuit, ville/nature, réalité/rêve, ciel/lac, et l’opposition entre les deux personnages féminins, Ondine et Camille. Camille est indéniablement du côté de l’action : c’est elle qui fait avancer l’histoire, c’est par elle que le drame arrive et se perpétue, tandis qu’Ondine incarne une immobilité qui installe la narration dans un temps plus calme, plus lent.

DistributionModifier

  • Grégoire Leprince-Ringuet : Paul
  • Pauline Caupenne : Camille
  • Amandine Truffy : Ondine
  • Marilyne Canto : Ève
  • Antoine Chappey : Bruno
  • Thierry Hancisse : le clochard

Fiche techniqueModifier

  • Scénario et réalisation : Grégoire Leprince-Ringuet
  • Production : Paulo Branco
  • Images : David Chambille
  • Montage : Nathalie Sanchez et Grégoire Leprince-Ringuet
  • Musique : Clément Doumic
  • Durée : 109 minutes
  • Dates de sortie : 17 mai 2016 (Festival de Cannes 2016, séances spéciales, en compétition pour la caméra d'or)
    • 22 juin 2016
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