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La Femme de Seisaku ( 清作の妻 Seisaku no tsuma ) est un film japonais de Yasuzo Masumura , sorti en 1965.

SynopsisModifier

En 1904, à la veille de la guerre russo-japonaise, pour échapper à la misère, Okane, une jeune femme devient la concubine d'un vieillard, situation qu’elle assume difficilement, bien que les largesses de son compagnon lui permettent de s’extraire d’une misère héréditaire.

Celui-ci l’apprécie tellement qu’il l’a couchée sur son héritage, lui attribuant une somme de 1000 Yens, une fortune à l’époque, comme Okane le découvre lors de son décès accidentel. La famille du défunt accepte de lui léguer cette somme, à une seule condition : qu’elle disparaisse avant que la famille arrive pour les funérailles, le lendemain.

Okane rejoint alors sa mère, qui passait ses journées à prier pour son jeune fils décédé de maladie, et pour son mari. Les deux femmes décident de retourner dans leur village d’origine, le Maire leur rendant leur demeure et leurs terres. Avant même d’arriver sur place, Okane décide de s’exclure de la population pour ne pas souffrir de leurs calomnies et jugements.

Au grand dam de sa mère qui ne tarde pas à succomber à son tour à la maladie, Okane vit en paria, attisant tranquillement la haine que lui vouent les villageois. Elle ne s’occupe qu’anecdotiquement de son cousin simplet Heisuke, qu’elle a recueillie conformément à la dernière volonté de sa mère. Son immobilisme est d’autant plus remarqué que Seisaku, jeune soldat de retour au pays et véritable fierté locale, s’est mis en tête de réveiller ses compatriotes et de les inciter au travail. Lorsque tous les matins, il sonne la cloche qu’il a lui-même fait confectionner au prix de sa solde, Okane est la seule personne à refuser de se lever et participer à la vie rurale.

Mais un jour le village apprend que Seisaku est amoureux de l’exclue, cette femme qui a été souillée. Un amour qui s’avère partagé et vire à la passion. Une passion qui, comme souvent chez Masumura, sera contrariée, ici par le départ de Seisaku, fraichement marié, sur le front russo-japonais de 1904-1905

CritiqueModifier

Masumura développe dans ce film une violente histoire de possession passionnelle, sur fond de guerre et de qu’en dira-t-on. Masumura ne montre pas plus la guerre qu’il ne développe réellement son histoire à l’écran. Par le biais d’une mise en scène remarquable, faite de propos rapportés et de narrations propres au théâtre mais parfaitement fondues à l’histoire, La femme de Seisaku parvient à définir un champ narratif sans jamais réellement le pénétrer.

Ainsi les personnages du film et principalement celui d’Okane n’existent qu'à travers un récit. Seuls nous sont exposées les images qui vont nous permettre de comprendre les relations qui régissent cette communauté, improbable et confinée. Piochant de-ci de-là des images permettant de saisir les enjeux, public et émotionnel, de son récit, Masumura joue donc lui aussi le jeu de l’a priori et du jugement biaisé.

Le réalisateur s’amuse tantôt à illustrer, tantôt à contredire les dire de villageois peu dignes de confiance, puisque incapables de la moindre humanité. Pris à leur propre piège, ceux-ci assimilent par exemple la présence d’Okane dans les champs aux côtés de son mari à une mise au travail, alors que ceux-ci batifolent dans la terre retournée. Un exemple parmi d’autres, qui participe d’une perversion du point de vue sans cesse plus tronqué offert au spectateur, seul juge de cette tranche de vie incomplète.

Dans la seconde partie du film, suite à une explosion de violence passionnelle, Masumura change de point de vue une nouvelle fois en inversant ses principes de mise en scène, puisque même le peu que l’on croyait acquis, l’amour et la loyauté, s’y trouve remis en question.

Le travail sur l’image présente des plans étudiés avec précision dans leurs séparations verticales notamment, mais surtout dans les directions souvent opposées que tiennent les protagonistes au sein d’un même cadre. Le seul véritable face à face soutenu d’ailleurs, interviendra paradoxalement lors des retrouvailles entre Seisaku aveugle et Okane, désormais tous deux exclus assumés.

Bien qu’il n’échappe pas par moment à une certaine grandiloquence propre à l’époque, La femme de Seisaku est un film où on retrouve toute l’intelligence du réalisateur, son aptitude à jongler avec les styles et la narration pour dépeindre un cadre sans jamais le montrer.

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier

  • Réalisation : Yasuzo Masumura
  • Scénario : Kaneto Shindô d'après le roman de Genjiro Yoshida
  • Production : Masaichi Nagata
  • Musique originale : Tadashi Yamauchi
  • Image : Tomohiro Akino
  • Montage : Tatsuji Nakashizu
  • Direction artistique : Tomoo Shimogawara
  • Durée : 93 minutes
  • Format : noir et blanc
  • Date de sortie : 25 juin 1965 (Japon)

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