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Irréversible film français , réalisé par Gaspard Noé , sorti en 2002 .

La graphie originale du titre IЯЯƎVƎЯSIBLƎ évoque sa construction anti-chronologique.


Synopsis Modifier

Première séquence, sombre et agitée : Marcus et Pierre pénètrent dans une boîte de nuit, Le Rectum. Ils y débusquent un homme et se battent violemment avec lui...

Ce film est, de part sa construction, souvent comparé à Memento, (2000) de Christopher Nolan, car la narration se fait de façon chronologiquement inversée. Les séquences suivantes remontent le temps pour comprendre les causes de la première séquence. Une jeune femme, Alex, s'est fait violer par un inconnu dans un tunnel.

Critique Modifier

Irréversible fut l'un des films les plus controversés de l'année 2002, entraînant en France un débat extrêmement passionné, lors du festival de Cannes notamment, du fait de la présence dans le film de certaines scènes de viol et de meurtre particulièrement explicites, réalistes et violentes.

Ce film a été interdit au moins de 16 ans en France à sa sortie en salle. Le film a été tourné intégralement en Super 16, ce qui permet à Gaspar Noé d'utiliser une caméra légère et maniable, la Minima. L'image sera ensuite gonflée en Super 35 par procédé numérique.

Scène centrale (à tous les points de vue) du film, le viol contient aussi le choix central que Gaspar Noé va devoir faire. En mauvais philosophe, mais victime de son époque, Noé se laisse prendre au jeu du « tout montrer ». Tout, et toujours plus. Il en faut toujours plus, toujours plus fort, toujours plus horrible, toujours plus barbare. La question n'est pas tant de savoir s'il faut tout montrer ou ne rien montrer. Pas même s'il peut tout montrer ou ne rien montrer. Mais bien s'il doit montrer, et ce qu'il doit montrer... et dans quel but ! Car le problème qui se pose à lui, en tant que cinéaste, n'est pas seulement celui de la gratuité de ces images. Ce n'est pas non plus seulement celui de la complaisance de ces images. C'est bel et bien, chose qu'il a totalement ignorée, la question du pouvoir de ces images.

L'erreur de Noé c'est d'avoir réduit la problématique du hors-champ au cadre rigide de l'idéologie dominante de notre siècle : la lutte aveugle et partisane contre tous les spectres du puristanisme. Or la problématique ici n'est autre que celle de l'expression de l'indicible, de la représentation de l'irreprésentable.

Si le viol peut susciter la peur, l'angoisse, c'est précisément à ce moment où il n'a pas d'actualité immédiate. Toute actualisation, présentée, ou re-présentée n'a jamais pu, et ne pourra jamais dépasser cela. Montrer cet immontrable sera de toute façon toujours un échec. Par définition. Parce que le viol, ce n'est pas simplement quelqu'un qui, sous la contrainte, impose à quelqu'un d'autre un rapport sexuel. Le viol est autre chose, et cet autre chose est intime, presque indéfinissable, et échappe forcément à la représentation, et encore plus à la re-présentation.

La représentation du viol, comme de toute autre forme de barbarie, apparaît donc comme problématique à toute réflexion sur le cinéma. Montrer ici ne montrera rien ; voir ici n'aura permis de rien voir ; ressentir ici ne sera jamais comparable à vivre. L'absence manifeste d'une analyse de fond d'une part, et le choix cinématographique (plan-séquence, caméra à l'épaule, style cinéma du réel, simple monstration de la vraie vie) opéré par Noé d'autre part, rendent ce dernier, de facto, suspect d'imposture.

Noé, dans cette scène du viol, se fourvoie. Mais ce n'est encore qu'une erreur négligeable en comparaison de celles qu'il peut commettre à d'autres moments du film. La scène du passage à tabac reste, selon moi, l'un de ses échecs les plus retentissants.

Dans cette scène, qui intervient dans la chronologie du récit après la scène du viol (elle en est le résultat), mais avant dans la chronologie-inversée qui est donnée au spectateur, Marcus et Pierre sont venus se venger du Ténia, auteur du viol. Là encore, le même problème de "tout montrer" se pose... mais il ne s'est visiblement pas posé pour le réalisateur, dont le seul soucis semble avoir été les capacités techniques (au niveau du trucage dans le montage) pour nous faire croire à un plan-séquence.

Il est tout bonnement inconcevable de croire un seul instant qu'il n'y a pas de trucage, sauf à mettre l'acteur Albert Dupontel (qui interprète Pierre) en prison ainsi que toute l'équipe qui a participé à ce qui ne serait rien d'autre qu'un « snuff ». Là encore, le parti-pris est problématique : quel intérêt peut-on avoir à faire paraître plus vrai que le réel une scène dont n'importe quel spectateur se rendra compte à coup sûr qu'il y a trucage ? Non pas que le trucage soit mal fait et particulièrement visible (au contraire), mais parce que le contraire est simplement inconcevable. Quel impact attend-on réellement sur le spectateur, qui pourra être choqué *tout au plus* aux tout premiers impacts, tant l'impossibilité conceptuelle d'y croire encore aura remis le film à sa place de « simple film » devant l'exagération. Même dans le réel, un tel acharnement et un tel résultat sont rarrissimes, heureusement.

Pour quelle raison peut-on vouloir s'appliquer à tout garder en permanence dans le cadre, au moment où un homme défonce littéralement la boite cranienne d'un autre à coups d'extincteur ? Et passer des heures et des heures en post-production pour que cela ait l'air plus vrai que nature? Quelle sorte de plaisir peut-on en retirer, pour y apporter un tel soin ?

Ce film réputé pour ses scènes-chocs ne montre pas seulement la colère de deux personnages qui finissent par perdre les pédales, mais aussi le coup de gueule d'un réalisateur qui, pour se faire entendre, a décidé de choquer. Choquer non seulement par ces séquences dont il a été question, mais aussi par sa mise en scène hyperbolique. Jusqu'à la scène charnière (le viol), la caméra n'aura de cesse de tournoyer littéralement dans tous les sens, et ce, sans jamais vraiment s'arrêter. De ces mouvements de caméra incessants ressortiront beaucoup de passages où on ne voit rien (80% du temps dans la première partie du film) et ces moments où malgré ses retournements sur elle-même, la caméra gardera toute l'horreur des événements dans le cadre.

Pcompléter la description de ce film à la morale douteuse (en prenant le terme morale au sens le plus universelle et humaniste), deux mondes s'opposent, celui du jour avec plein de Blancs super sympas, et celui de la nuit avec des Chinois pas agréables, des pédés tous pervers et des mafieux de pays de l'est qui nous violent nos femmes. Evidemment, la police est dotée de bons sentiments, mais comme elle n'a aucun moyen de rendre justice, il faut la faire soi-même !

Et si Gaspard Noé, qui a réalisé quasiment tout seul, monté tout seul son film n'était pas lui aussi « seul contre tous » ? Est-ce que Philippe Nahon ne serait pas tout simplement un portrait du réalisateur ? Lui, qui rêve de choquer les gens, non pas en leur offrant un message social ou humain, mais uniquement pour choquer, provocateur pervers sans message ?...

Distribution Modifier

  • Monica Bellucci : Alex
  • Vincent Cassel : Marcus
  • Albert Dupontel : Pierre
  • Jo Prestia : Le Tenia
  • Philippe Nahon : L'homme
  • Stéphane Drouot : Stéphane
  • Jean-Louis Costes : Fistman
  • Michel Gondoin : Mike
  • Mourad Khima : Mourad

Fiche technique Modifier

  • Réalisation : Gaspar Noé
  • Scénario : Gaspar Noé
  • Production : Richard Grandpierre, Nord-Ouest Production, Les Cinémas de la Zone
  • Musique originale : Thomas Bangalter des Daft Punk
  • Musique non-originale : Ludwig van Beethoven Symphonie n°7 en la majeur, Gustav Mahler Symphonie n°9 en ré majeur
  • Film français
  • Date de sortie : 24 mai 2002 (France)
  • Durée : 90 minutes

SourceModifier

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