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Irma Vep

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Irma Vep est un film français réalisé par Olivier Assayas et sorti en 1996.

SynopsisModifier

René Vidal , réalisateur à la réputation quelque peu intellectuel doit faire un remake du monument de l'histoire du cinéma Les Vampires de Louis Feuillade. Pour incarner l'héroïne Irma Vep, il fait appel à une star du cinéma de Hong-Kong, Maggie Cheung qui se joue elle même. Cette dernière est prise en charge par Zoé , la costumière très sensible aux charmes de l'actrice chinoise. Le tournage connaît de nombreux problèmes. René déprime et croit de moins en moins en son projet. Maggie, elle, reste très disciplinée et professionnelle, tout en se laissant lentement envahir par la personnalité d'Irma Vep. Lorsque René craque pour de bon, la réalisation du film est confiée à Moreno :

CritiqueModifier

Avec Irma Vep, Olivier Assayas rend un triple hommage :

Le premier, sous forme de satire, aux tournages de cinéma. Il nous montre de l'intérieur comment un film se fait ou se défait. On pense (même s'il en est très éloigné) à d'autres oeuvres partageant le même thème: Ça tourne à Manhattan, Les ensorcelés, Quinze jours ailleurs, Hollywood Ending, et bien sûr La Nuit américaine. La filiation avec le film de François Truffaut peut paraître évidente, surtout que Assayas nous lance sur cette piste avec Jean-Pierre Léaud. Pourtant le réalisateur s’en défend, tout en reprenant l’idée, en la modernisant : « Irma Vep essaye de parler de la façon dont on fait le cinéma moderne, avec ce que cela veut dire de fragile, d'instable. Le seul film sur le cinéma qui, éventuellement, pourrait être une référence, c'est Prenez garde à la sainte putain de Rainer Werner Fassbinder. C'est un film qui prend de plein fouet la problématique du cinéma moderne et c'est le premier à le faire, avant L'Etat des choses de Wim Wenders. Alors Irma Vep n'en est pas inspiré, mais ce n'est pas un hasard si Lou Castel est dans les deux films. »

Assayas n'hésite pas à égratigner le mythe. Difficultés financières, inorganisation frôlant le chaos, réalisateur névrosé, jalousie et chamailleries,tout en renvoyant dos à dos cinéma d'auteur "intello" (dont il pourrait passer lui-même pour l'un des brillants jeunes représentants) et cinéma d'action "anti-intello" (représenté par le journaliste prétentieux qui n'interroge Maggie qu'afin de pouvoir asséner ses certitudes envers le génie de John Woo).

Le deuxième hommage concerne, avec plus de précision, le vieux cinéma. Ici celui, carrément mythique, de Louis Feuillade et de sa série Les Vampires (1915). Un cinéma plein de charme et de poésie, vrai cinéma populaire aussi. Un film parfait, pense René Vidal qui, s'il doit faire un remake, tient à rester fidèle, plan par plan, presqu'image par image, à l'original. La question se pose alors: pourquoi un remake si l'on n'y apporte rien de nouveau ? La seule vraie idée personnelle de René semble de faire interpréter le rôle d'Irma Vep tenu jadis par la légendaire et inégalable Musidora, par une actrice chinoise. Une Française prenant la place de Musidora ? "Ce serait un blasphème !", confie-t-il à Maggie. Seule, Maggie, qu'il a découvert en catwoman dans The Heroïc Trio (1993) de Johnny To Kei-fung et Ching Siu-tung et dont on voit un extrait où Maggie combat avec Anita Mui, autre star de H-K, peut ré-endosser le rôle. Idée qui révoltera Moreno, son successeur à la réalisation et pour qui Irma Vep "c'est le Paris populaire, Arletty, les Apaches, la zone, ce n'est pas Fu-manchu".

Mais lorsque sont projetées les scènes déjà tournées par René et montées par lui-même juste avant sa dépression, on est loin d'un simple remake ! Les images, triturées et grattées exposent une incroyable modernité tout en retrouvant la magie poétique de l'original. Et même si nous ne savons pas si René n'a pas fait que "tailler son film en pièces" dans un accès de désespoir, on se met à regretter qu'il n'ait pu terminer son oeuvre à la gloire de son interprète.

Et ici, la fiction rejoint la réalité pour le troisième hommage d'Olivier Assayas: celui à l'une des grandes stars du cinéma chinois, la remarquable Maggie Cheung (hommage à l'actrice, doublé sans doute d'un hommage à celle qui était à l'époque du film sa compagne dans la vie). Outre sa beauté remarquable, elle révèle un jeu tout en nuances (voir, par exemple, la scène où Bulle Ogier lui apprend que Zoé en "pince" pour elle). Son visage peut tout aussi bien afficher un "vide" total que la plus subtile émotion, comique, elle est très drôle, ou dramatique. Elle a su aussi retenir de ses multiples films d'action une magnifique souplesse corporelle qui la rend ici, moulée au plus près du corps dans sa combinaison de latex noire, terriblement magnétique et séduisante.

Notons aussi la performance absolument parfaite de Nathalie Richard, confondante de naturel, ainsi que la présence toujours précieuse de Bulle Ogier. Et bien sûr, comme déja signalé, la formidable présence de Jean-Pierre Léaud.

Assayas nous donne surtout dans ce film une leçon d’amour : amour envers le cinéma et son microcosme, où le spectateur non-averti sera perdu en ne reconnaissant pas les icônes du cinéma qu’on nous livre sans décodage, leçon d’amour envers le cinéma asiatique , leçon d’idolatrie avec les images de sa compagne de l’époque , Maggie Cheung. La fin du film part en vrille avec la projection du remake moderne plan par plan de l’ancienne série, tendance post-moderne avec graffitis et bande-son néo-punk. Cette mise en abyme est finalement très Cahiers du cinéma.

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier

Liens externesModifier


Retrouvez tous les détails techniques sur la fiche IMDB

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