Fandom

Film Wiki

Il était une fois en Amérique

2 868pages sur
ce wiki
Ajouter une page
Discussion0 Partager

Il était une fois en Amérique (Once upon a Time in America) est le dernier film, américain, réalisé par Sergio Leone, sorti en 1984. Il est adapté du roman The Hoods de Harry Grey.

Le décès prématuré de Sergio Leone en 1989 fait de « Il était une fois en Amérique » son dernier film. Il boucle la trilogie que le réalisateur a consacré à l’Amérique dont il saisit, cette fois, l’évolution qui court, dans le film, du début du XX° siècle aux années soixante

SynopsisModifier

Un homme, qui aurait trahi ses compagnons, est recherché par deux tueurs qui torturent et éliminent ses proches pour le retrouver. Des événements lointains et un enchaînement complexe de situations expliquent cette véritable chasse à l’homme…


AnalyseModifier

Le décès prématuré de Leone en 1989 fait de « Il était une fois en Amérique » son dernier film. Il boucle la trilogie que le réalisateur a consacrée à l’Amérique dont il saisit, cette fois, l’évolution qui court, dans le film, du début du XX° siècle aux années soixante.

Cette vaste période lui est l’occasion d’observer l’évolution de la société américaine à travers l’histoire d’un groupe de gamins issus du quartier défavorisé du Lower East Side de New-York. Ce parallèle entre le destin des individus et celui de la société a pour point commun le thème de la violence au service d’une ambition forcenée de réussite.

Leone choisit au cours de ce demi siècle trois périodes clés qui servent son propos : les années 1920 qui correspondent à l’adolescence de ses personnages (cinq garçons et deux filles du quartier juif de New York), âge critique auquel se dessinent déjà les destins ; les années 1930 où ils atteignent à l’âge adulte au moment de la Prohibition ; les années soixante qui marquent le début de la vieillesse. Mais cette composition complexe en trois époques, développées pour l’essentiel linéairement, se précise et se complète également à travers de subtils retours en arrière et des va-et-vient de l’une à l’autre qui correspondent aux mouvements mêmes de la mémoire et qui sont, par ailleurs, toujours justifiés par le récit ou les émotions des personnages.

D'autre part, suivre l’évolution de ces enfants revient à comprendre celle des Etats-Unis. En effet, deux des enfants se caractérisent par leur caractère entier et leur volonté d’être les premiers plus tard (Deborah désire s’évader de son milieu social et devenir une vedette ; Max, être impulsif, refuse d’avoir un patron) : ils sont donc les moteurs du récit. Noodles, à l’inverse, pensif, méditatif, sans ambition réelle - sinon de se faire aimer de Deborah - et peu en accord avec les méthodes de Max, s’oppose souvent à lui, surtout après son long séjour en prison. Il suffit de rappeler la séquence au cours de laquelle Noodles précipite à la mer la voiture, les costumes, les armes, bref les gangsters qu’ils sont devenus, en une sorte d’immersion purificatrice. Un désir de purification par le retour aux valeurs fondatrices de l’enfance commune qui s’exprime aussi à travers les rituelles invitations à prendre un bain que les deux amis se lancent chaque fois que leur amitié est menacée. Leurs destins seront donc très différents. Max (qui incarne le monde de la pègre) et Deborah (qui représente le monde du spectacle : Broadway puis Hollywood) réussissent à intégrer le monde politique et syndical par la violence pour l’un et la compromission pour l’autre. Peu avant la fin du film, ils ont satisfait leurs ambitions, sont des personnages respectées et font partie de l’établissement. Parallèlement, la société américaine nous est montrée progressivement et inéluctablement minée de l'intérieur par le gangstérisme. Le film montre la montée en puissance du crime : de simples magouilles avec le flic de quartier (vers 1920) ; puis l'organisation maffieuse avec le dirigeant syndical (dans les années trente dès l’époque de la Prohibition par l’allusion à l’ascension du syndicaliste Jimmy Hoffa permise par la pègre); enfin, la corruption généralisée au pouvoir politique associé au monde artistique (dans les années soixante). Au contraire, Noodles fait partie des laissés pour compte du destin car, méditatif et peu porté vers l’action, il a vécu de sentiments et non d’ambitions.

Mais cette réussite a un envers : elle ne s’accomplit que sur les décombres des amitiés brisées et de l’innocence saccagée. Le film prend alors sa dimension essentielle d’œuvre qui porte un regard désenchanté et amer sur la vie. Ce regard éperdu, absent, nostalgique, est celui de Noodles vieilli et, à travers lui, de Leone (« Un film pareil, on ne peut le réussir qu’avec la maturité, des cheveux blancs et pas mal de rides autour des yeux. Jamais je n’aurai pu faire ce film si je l’avais réalisé à 40 ans. », a-t-il confié) qui nous donne à voir des vies devenues en une soixantaine d’années des destins. Ce qui lui permet de pointer du doigt la condition de la femme (perçue soit comme une vierge inaccessible soit comme une putain), l’inégalité injustifiée des vies (Dominic assassiné au seuil de la vie, Moe et Noodles « sacrifiées »), le déterminisme des milieux sociaux auxquels on ne peut échapper qu’au prix du reniement de ses origines, le triomphe des plus cyniques quand les naïfs et les purs échouent. Certes, il y a bien un prix à payer et le châtiment n’est jamais très loin. A titre d’exemple, on mentionnera la séquence nocturne – vision cauchemardesque quasi fantastique, métaphore cruelle et terrible - qui conclut la dernière rencontre entre Noodles et Max. Les derniers plans du film dans la fumerie d’opium qui reprennent à peu près à l’identique ceux du début – effaçant ainsi les trente années qui les séparent – montre une scène du théâtre d’ombres chinois, visuellement symbolique de l’illusion de toute vie dont on ne perçoit que les apparences et dont la réalité profonde nous échappe. Le film s’achève sur le sourire de Noodles, reflet de l’échec de la vanité des idéaux, de la trahison de l’enfance, de la perversion de l’innocence. Un sourire qui semble nous inviter à fuir la réalité au profit des paradis artificiels – comme si la réalité de la vie valait moins qu’un songe…

Mais une autre signification peut être donné à ce plan du théâtre d’ombres qui ouvre et ferme le film, à cette nostalgie du regard porté sur les désillusions de la vie et à ce sourire : ne sont-ils pas, de la part de Leone, les signes d’un émouvant hommage au cinéma ? En effet, ce sourire qui éclaire le visage jusque-là triste de Noodles n’est-il pas, précisément, celui du spectateur de cinéma qui entre dans la même salle obscure et qui savoure confortablement installé, lui aussi, l’opium d’images cinématographiques qui s’accordent à ses désirs… le temps d’un film.

La réalisation de Leone alterne avec le même brio les scènes chocs, les scènes d’émotion et les scènes cocasses grâce à un rythme contrasté au service d’une mise en scène qui privilégie une lenteur synonyme de contemplation et de réflexion, de gravité et de nostalgie mais aussi les brefs éclats de violence animale (vengeance, sadisme) et de déraison (viol dans la voiture). L’image ne peut s’apprécier indépendamment d’une partition musicale dont l’omniprésence, voire la récurrence, exprime tour à tour une poignante nostalgie (leitmotiv de « Childhood Memories » joué à la flûte) et le lyrisme des tragédies intimes (notes de piano qui s’égrènent lentement, brusque envol nostalgique des violons relayés par les violoncelles cependant que les banjos ajoutent les notes aigres de l’amertume, douceur caressante des violons de nouveau, ou crescendo d’une voix éthérée).

On citera pour mémoire, comme modèle de réalisation, l’un des plus beaux moments du film quand Noodles (Robert De Niro), vieilli, se retrouve face à l’ouverture par laquelle, enfant, il dévorait des yeux Deborah (Jennifer Connelly/ Elisabeth McGovern). Le regard caméra s’avance, dans une lumière qui s’intensifie et efface peu à peu le détail des lieux, à travers l’ouverture et nous conduit, par une surbrillance, dans une nouvelle époque, celle de son passé, qui impressionne peu à peu la pellicule d’où surgissent ses souvenirs. Ce passage du présent mortifère au passé heureux, éminemment symbolique du sens du film, s’effectue ainsi en douceur grâce à un art impressionniste tout en délicatesse qui nous propose une transition d’une rare mélancolie. Superbe moment de cinéma !… Et heureuse célébration du cinéma car cette « ouverture » représente à la fois le cadre du réalisateur et l’écran du spectateur sur lesquels se joue la magie poétique d’un cinéma qui fait passer, selon les désirs, du présent au passé, du rêve à la réalité.

Ce film représente, à tous points de vue, la quintessence de l’œuvre inoubliable ; ce qui se confirme à chaque nouvelle vision depuis les vingt ans qui se sont écoulés depuis sa réalisation (1983.

Fiche techniqueModifier

  • Titre original : ONCE UPON A TIME IN AMERICA
  • Réalisation : Sergio LEONE
  • Scénario : Leonardo BENVENUTI, P De BERNARDI, E MEDIOLI, F ARCALLI, F FERRINI, Sergio LEONE
  • Directeur de la photographie : Tonino DELLI COLLI (Eastmancolor)
  • Musique : Ennio MORRICONE
  • Production : Armon MILCHAN
  • Distribution : SNC
  • Durée : 220 minutes
  • Date de sortie: 1984

DistributionModifier

  • Noodles : Robert DE NIRO
  • Max : James WOODS
  • Deborah : Jennifer Connelly (enfant) puis Elizabeth McGOVERN (adulte).
  • Jimmy O'Donnell : Treat WILLIAMS
  • Carol : Tuesday WELD
  • Joe : Burt YOUNG
  • Frankie : Joe PESCI
  • Fat Moe : Larry RAPP
  • Le chef de Police Aiello : Danny AIELLO

SourceModifier

Cette page utilise tout ou partie du contenu de Libre Savoir. L'original de l'article est sur la page Il_était_une_fois_en_Amérique. L'auteur principal en est PHILIBERT-CAILLAT Henri. Le texte de cette page tout comme celui-ci est disponible sous GNU Free Documentation License.

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau Fandom

Wiki au hasard