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Holy Motors film français écrit et réalisé par Leos Carax, sorti le 4 juillet 2012. Le film est en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2012.

RésuméModifier

Prologue

Après un premier plan représentant des spectateurs endormis (ou morts?) à la projection de ce qui semble être un vieux film, nous nous retrouvons dans la chambre d'un Dormeur (Leos Carax lui-même), réveillé par le bruit d'un paquebot, des mouettes et des vagues. Il pose ses mains sur un mur de sa chambre, et y découvre un petit trou, dans lequel il introduit une clé apparue à son majeur. Il se retrouve dans la salle de cinéma aperçue dans la première scène.

Départ

Monsieur Oscar est un homme d'affaires très riche, qui vit avec ses enfants dans une superbe villa en forme de paquebot (la Villa Paul Poiret). Il travaille à la bourse de Paris, a de nombreux gardes du corps, et entre dans une immense limousine blanche. Il reçoit un coup de téléphone d'un de ses amis qui travaille à la bourse, et se plaint d'être le bouc émissaire du peuple miséreux, envisage de prendre une arme avec lui, et propose un dîner au Fouquet's avec son interlocuteur. Sa conductrice, Céline l'informe qu'il a neuf rendez-vous dans la journée, qu'on aura du mal à dénombrer. Dans la limousine se trouve tout un matériel de maquillage et de déguisement.

Premier rendez-vous

Pour le premier rendez-vous, Monsieur Oscar met une perruque de cheveux longs et abimés, un voile, prend une canne, et sort de la limousine grimé en mendiante boiteuse. Il part faire l'aumône sur le pont Alexandre-III, tout en soliloquant sur sa vieillesse, en romani.

Second rendez-vous

Le second rendez-vous se déroule dans un studio d'animation. Monsieur Oscar porte un uniforme noir avec des points blancs lumineux. Dans une salle de capture de mouvement, il utilise des armes pour doubler un combat simulé, comme dans l'univers des jeux vidéo. Entre ensuite une femme habillée de la même combinaison, en rouge, avec qui il entame une chorégraphie contorsionniste.

Troisième rendez-vous

Pour le troisième rendez-vous, Monsieur Oscar se déguise en Mr. Merde, personnage déjà présent dans le court-métrage Tokyo!|Merde de Carax. Il traverse les égouts parisiens, où il croise une foule de réfugiés, puis il sort dans un cimetière où sur chaque tombe, dont il mange les fleurs d'ornement, est gravé« Visitez mon site web ». Ses déambulations le mènent finalement à une séance photo du mannequin Kay M., qu'interprète Eva Mendes. La foule est apeurée par le personnage repoussant de Monsieur Merde, mais le photographe voudrait réaliser une photo avec celui-ci et la mannequin « pour faire un effet La Belle et la Bête ». Merde mord et sectionne les doigts de l'assistante photographe puis enlève la mannequin pour l'emmener dans les égouts, dans sa tanière. Il découpe sa robe de manière à lui couvrir la tête et les épaules d'un voile puis, après s'être entièrement dévêtu, il s'endort le sexe érigé et la tête posée sur les genoux de sa belle, tandis qu'elle lui fredonne une vieille berceuse américaine, "All the pretty little horses".

Quatrième rendez-vous

Monsieur Oscar interprète ensuite un père de famille qui vient chercher sa fille après une fête. La fille lui affirme avoir passé une superbe soirée, notamment avoir dansé avec plusieurs garçons, mais, en lui parlant, Monsieur Oscar apprend que sa fille a en réalité passé la soirée dans la salle de bain, incapable de se socialiser. Très affecté, il lui reproche son manque de confiance en elle et la laisse devant chez eux, en lui disant « Ta punition, mon Angèle, c'est d'être toi, et d'avoir à vivre avec ça. »

Cinquième rendez-vous (Entracte)

Monsieur Oscar va dans une église avec un accordéon. Là-bas, il retrouve de nombreux autres musiciens, avec qui il entame un concert marché dans l'église vide.

Sixième rendez-vous

Monsieur Oscar va ensuite interpréter Alex, qui vient tuer, pour des raisons qui nous sont inconnues, un travailleur de nuit prénommé Théo qui a le même visage que lui, en lui tranchant la jugulaire au couteau. Ensuite, il le déguise de telle manière qu'on croit que c'est lui-même qui est mort (il maquille Théo en Alex). Mais, alors qu'il a presque fini, Théo, dans un dernier soubresaut, prend le couteau et le lui plante dans le cou de la même manière. Monsieur Oscar réussi à se traîner jusqu'à la limousine mais s'écroule à quelques mètres, et c'est Céline qui le traîne à l'intérieur.

L'homme à la tache de vin

Un homme à la tache de vin sur le visage (Michel Piccoli), arrivé on ne sait comment dans la limousine, vient s'enquérir de la santé morale de Monsieur Oscar, se présentant comme l'employeur de ce dernier, ou comme son chef. Il se demande si Oscar n'a pas perdu la foi dans ce qu'il fait, ce à quoi ce dernier répond : « Je continue comme j'ai commencé, pour la beauté du geste. » Une fois l'homme parti, la limousine avançant au centre de Paris, Oscar demande brusquement à Céline de s'arrêter devant le Fouquet's. Il descend avec un masque rouge sur la tête et assassine un nouveau sosie de lui-même avant d'être abattu par les gardes du corps. Céline se penche à côté du cadavre et lui murmure : « Monsieur Oscar, nous allons nous mettre en retard. » Alors, Oscar se relève et repart pour ses derniers rendez-vous.

Septième rendez-vous

Mr. Oscar se déguise ensuite en vieil homme, M. Vogan, qui regagne sa chambre d'hôtel pour s'allonger sur son lit aux côtés d'un gros chien noir. Il est rejoint par une jeune femme, Léa, sa nièce. On apprend que le vieil homme est sur le point de mourir. S'engage alors une discussion sur la vie et l'amour, qui se conclut par le dernier soupir du vieil homme. Puis Oscar se lève délicatement, remercie Léa/Elise et chacun retourne à ses rendez vous.

Rencontre

En allant vers ses deux derniers rendez-vous, la limousine d'Oscar heurte une autre limousine. Dans cette autre limousine se trouve une actrice, comme lui (Kylie Minogue), qu'Oscar a bien connue, et dont il était sans doute amoureux. Un dialogue mélancolique a lieu sur leur vie passée, partiellement chanté par l'actrice sur le thème principal du film : Who were we ?.

Dernier rendez-vous

Céline a déposé Oscar dans une banlieue résidentielle où toutes les maisons se ressemblent. Elle lui donne son argent pour la journée, la clé pour la nuit, et lui donne rendez vous pour le lendemain matin, à l'heure habituelle. Oscar, comme hésitant, finit par entrer dans la maison où il retrouve sa famille, sa femme et ses deux filles, qui s'avèrent être des primates. Il leur raconte sa journée, et leur annonce que leur vie va changer. Pendant toute cette séquence on entend Gérard Manset chanter "Revivre".

Épilogue

Céline ramène la limousine dans un grand entrepôt sur lequel trône l'enseigne Holy Motors. Elle met un masque, prend son téléphone et dit « Je rentre à la maison. ». Une fois qu'elle est sortie du garage, les limousines entament une discussion où elles se plaignent de leurs journées et ont peur d'être vite remplacées par les humains, qui « ne veulent plus de moteur ni d'action. » Reste le silence ? La conversation se termine par un citation|Amen général.

Analyse critique Modifier

Le précédent long-métrage de Leos Carax date de 1999 avec Pola X ; entre-temps, il n'avait réalisé que des court et moyen-métrages, en particulier pour des raisons de financement. Pour contourner ces limites, il décide pour Holy Motors d'utiliser en grande partie des caméras numériques, qui réduisent largement les coûts de production, bien qu'étant auparavant hostile à cette technique de prise de vue. Le choix du titre du film, qui signifie littéralement « Saints moteurs », ainsi que son sujet lui ont été inspirés par un voyage aux États-Unis, où il a croisé d'immenses limousines blanches, que l'on peut trouver en Région Parisienne, chez des loueurs de voitures de luxe. Il raconte y avoir vu métaphoriquement de longs vaisseaux guidant les gens vers leurs derniers voyages.

La scène d'entrée, qui nous montre Leos Carax, éveillé dans la nuit, ouvrir un mur avec son doigt transformé en cle, suggère que le réalisateur veut avant tout parler de lui-même, de son cinéma, de son expérience, de ses pensées, de ses acteurs. Ce réveil peut être interprété métaphoriquement comme un retour au cinéma. Il fait ainsi constamment référence à ses films précédents : la scène sur la Samaritaine rappelle Les Amants du Pont-Neuf, le personnage de Monsieur Merde est directement repris au segment Merde du film Tokyo!.

Ce film est une réflexion sur le travail d'acteur, qui ne joue pas seulement son rôle, mais peut le devenir véritablement. La limousine serait alors une sorte de coulisse de théâtre, ou une loge d'acteur. Ce film rend visible la fusion entre l'acteur et son propre rôle, tout ceci restant un jeu vu que les acteurs peuvent mourir dans un rôle, puis se relever pour aller en interpréter un autre. De même, on note qu'Oscar n'est pas le seul "acteur" du film : tous les protagonistes présents sont des acteurs. Selon cette interprétation, ce film représenterait une sorte de théâtre total : tout le monde joue son propre rôle, et change de vie en fonction de ses envies de la journée.

Holy Motors est un grand hommage au cinéma : chaque rendez-vous donne lieu à une scène de genre : film social, science-fiction, fantastique, mélodrame, comédie musicale. À chaque rendez-vous, on passe de l'émouvant au dérangeant, du beau au drôle, visitant ainsi de nombreux genres du cinéma. On trouve également de nombreuses références directes, notamment aux chronophotographies de Marey, aux films de Louis Feuillade et de Cocteau. Le film est comme un message d'espoir pour le cinéma. La première scène, sans lui être identique, se rapproche de l'ouverture de In girum imus nocte et consumimur igni réalisé par l'auteur de La Société du spectacle, Guy Debord. Ce film, à l'instar de "toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production", selon Debord, est une "immense accumulation de spectacles".

Holy Motors est cependant bien plus qu'un hommage au cinéma. Il célèbre, aussi, la vie et ses illusions, la vie comme une succession vertigineuse de rôles, un tourbillon plus ou moins absurde de personnages que l'on compose dans le cadre de la famille, du travail, de la relation amoureuse. Où est la réalité dans ce mouvement perpétuel ? Les masques se suivent et, dessous, il est difficile, voire impossible, de saisir une identité sûre. Une séquence l'illustre littéralement, celle où Lavant est un vieil homme, alité dans la chambre d'un palace. Il se meurt. Sa nièce, en pleurs, est à ses côtés. Tous deux se disent des choses très belles sur l'amour, la vie, la mort. Puis, après un bref moment de silence funèbre, Monsieur Oscar quitte soudain son rôle, se lève. C'est drôle, puis incroyablement troublant, comme si l'existence, la scène et ses coulisses ne faisaient plus qu'un.

Et de manière plus trash et plus énergisante, il faut voir Denis Lavant métamorphosé en faune fantasque à barbiche rouge et ongles crochus. Le voir semer le chaos en pleine séance photo de star, dévorer des roses et des billets de banque et se pâmer, en satyre au sexe dressé, face à une Eva Mendes voilée, restera à coup sûr l'une des images fortes de l'année. Ou encore Denis Lavant en ouvrier spécialisé dans la motion capture, technique de numérisation des corps fort utilisée dans les jeux vidéo, les films en animation de synthèse et les blockbusters riches en effets spéciaux. Glissé dans une combinaison latex, constellé de capteurs en forme de points blancs qui cartographient son corps, monsieur Oscar mime, danse, cavale et défouraille sur tapis roulant pour le compte d’une invisible instance virtuelle.

La puissance plastique du cinéma de Carax n’a été aussi éloquente que dans Holy Motors, atteignant du début à la fin du film des altitudes grandioses. On y voit du Matrix porté à l’incandescence graphique dans un mouvement qui rejoint pourtant le cinéma des origines. On y voit des cybercréatures monstrueuses s’accouplant sublimement. On y voit un homme et une femme qui s’absorbent dans une chorégraphie liquide et sexuée. On y voit une pluie de rayons, de lumières, de couleurs et d’obscurité. On se trouve en face d'une très grande œuvre qui aurait cent fois mérité la Palme d'Or à Cannes à la place de l'émouvant mais terne film d'Haneke.

Distribution Modifier

  • Denis Lavant : Monsieur Oscar
  • Edith Scob : Céline
  • Eva Mendes : Kay M.
  • Kylie Minogue : Eva/Jean
  • Jeanne Disson : Angèle
  • Élise Lhomeau : Léa/Élise
  • Michel Piccoli : l'homme à la tache de vin
  • Leos Carax : le dormeur
  • François Rimbau : homme aveugle
  • Karl Hoffmeister : spectateur
  • Bertrand Cantat : un membre de l'orchestre dans l'église

Fiche technique Modifier

  • Titre original : Holy Motors
  • Réalisation : Leos Carax
  • Scénario : Leos Carax
  • Direction artistique : Florian Sanson
  • Photographie : Caroline Champetier
  • Son : Erwan Kerzanet
  • Montage : Nelly Quettier
  • Musique : Who Were We? par Kylie Minogue et écrite par Leos Carax et Neil Hannon.
  • Production : Pierre Grise Productions
  • Sociétés de production : Arte, CNC, Les Films du Losange et Pierre Grise Productions
  • Durée : 115 minutes
  • Dates de sortie : mai 2012 (Festival de Cannes 2012); 4 juillet 2012

Récompense

  • Festival de Cannes 2012 : Prix de la jeunesse

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