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Des hommes et des dieux

Réalisation Xavier Beauvois
Scénario Étienne Comar
Acteurs principaux
Sociétés de production Armada Films
France 3 Cinéma
Why Not Productions
Pays d’origine France
Genre Drame
Sortie 8 septembre 2010
Durée 120 minutes

Information Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Des hommes et des dieux est un film dramatique français réalisé par Xavier Beauvois, mettant en scène les trois dernières années de la vie de 7 moines trappistes du Prieuré Notre-Dame de l'Atlas à Tibhirine, jusqu'à leur enlèvement, en 1996.

Ce film a été présenté le 18 mai 2010, dans le cadre de la compétition officielle du Festival de Cannes 2010 et a reçu le Grand prix du jury. Produit par Why Not Productions, il est sorti en France, le 8 septembre 2010.

Des hommes et des dieux a reçu un bon accueil de la part du public, restant quatre semaines en tête du box office en France. Il a également suscité, dans les médias, un regain d'attention pour l'histoire des moines de Tibhirine, les circonstances de leur assassinat, la Guerre civile algérienne des années 90, et le dialogue interreligieux.

Synopsis Modifier

Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

Un monastère dans un village isolé au milieu des montagnes algériennes, dans les années 1990. Une petite communauté de moines catholiques y est installée. Les moines ont une vie simple, austère, rythmée par la prière et les tâches quotidiennes. L'ordre cistercien, auquel ils appartiennent, est centré sur la contemplation, soutenue par la prière commune, les chants liturgiques mais aussi des temps de silence. Une place importante est faite au travail de la terre, à l'aide aux démunis, aux soins apportés aux malades. Le monastère sert en effet de dispensaire médical pour la population locale. Un des moines, frère Luc, est médecin et accueille chaque jour des personnes souffrantes[1],[2],[3],[4].

Les moines ont des relations fraternelles avec les musulmans vivant aux alentours. Mais progressivement, la violence et la terreur, liées à la guerre civile algérienne, gagnent la région. De nombreux civils sont assassinés, victimes du conflit entre les groupes islamistes terroristes et l'armée algérienne. Des ouvriers, originaires de Yougoslavie, sont égorgés, non loin du monastère. L'armée propose sa protection aux moines, qui la refusent. Un groupe de terroristes pénètre de force dans le monastère, lors de la nuit de Noël[1],[2],[3],[4].

Se pose alors, de plus en plus, la question du départ. Faut-il rester dans ce monastère, auprès des villageois qui comptent sur leur présence, mais en courant le risque d'être enlevés et tués ? Ou doivent-ils partir s'établir ailleurs ? Les moines sont amenés à se poser cette question difficile, qui éprouve leur foi, leur courage, et leur attachement à cette terre et à ses habitants. La vie quotidienne et de la prière de la communauté est habitée par cette tension dramatique. Sont en jeu, les liens profonds qui les unissent à la population et l’esprit de paix et de charité qu’ils veulent opposer à la violence sévissant dans le pays[1],[2],[3],[4].

Distribution Modifier

Fichier:Lambert-Wilson-20081003-09344.jpg

Production Modifier

Sujet à l’origine du film Modifier

Fichier:Portraits des frères de la cté de Tibhirine Midelt Maroc.jpg

Le film s’inspire de la vie des moines de Tibhirine, enlevés et assassinés en 1996. Le monastère de Tibhirine est établi dans les montagnes de l’Atlas, en Algérie. Les moines appartiennent à l'Ordre cistercien de la stricte observance, et suivent la Règle de saint Benoît[5]. Ils sont huit à être présents à Tibhirine en 1996[6]. Leur vie est marquée par un climat de silence, de prière commune mais aussi d’hospitalité et de partage vis à vis des pauvres et des étrangers[5].

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, en pleine guerre civile algérienne, ils sont neuf au monastère, un frère étant venu du Maroc pour visiter la communauté. Sept d'entre eux sont enlevés par un groupe armé. Le 21 mai 1996, un communiqué, attribué au Groupe islamique armé, revendique l'assassinat des moines de Tibhirine. Le 30 mai 1996, le gouvernement algérien annonce avoir retrouvé les têtes des sept moines sur une route près de Médéa. L’identité des assassins et les circonstances exactes de leur mort demeurent à ce jour controversées. Une action judiciaire est en cours, en France, depuis 2003[1],[2],[3],[5].

Les sept moines assassinés sont Christian de Chergé, âgé de 59 ans, moine depuis 1969 et en Algérie depuis 1971, prieur de la communauté depuis 1984 ; frère Luc Dochier, 82 ans, moine depuis 1941, en Algérie depuis 1947 (médecin, il soigne gratuitement ceux qui viennent le voir) ; frère Christophe Lebreton, 45 ans, frère Michel Fleury, 52 ans, frère Bruno Lemarchand, 66 ans, frère Célestin Ringeard, 62 ans et frère Paul Favre-Miville, 57 ans[6],[7]. Les deux moines ayant échappé à l’enlèvement sont frère Jean-Pierre et frère Amédée[6].

Scénario et tournage Modifier

Fichier:Michael Lonsdale 2010.jpg
Fichier:Sabrina Ouazani-2010.jpg

En avril 2006, le producteur Étienne Cosmar voit le documentaire Le Testament de Tibhirine, réalisé par Emmanuel Audrain, sur la disparition des moines[Note 1]. Cela lui donne le désir de consacrer un film aux moines de Tibhirine. En 2007, il propose ce sujet au réalisateur Xavier Beauvois, « parce qu'il a toujours une empathie très forte pour ses personnages, tout en gardant un souci presque documentaire »[8]. Tous deux rédigent ensemble le scénario, dont l'angle d'attaque est la volonté, de la part des moines, de rester en Algérie malgré les risques que ce choix représentait. Ils se sont inspirés des écrits de deux des moines assassinés, Christian de Chergé et Christophe Lebreton[9].

Les acteurs du film ont préparé le tournage en faisant un séjour à l'Abbaye Notre-Dame de Tamié, où quatre des moines de Thibirine étaient passés avant d'aller en Algérie. Ils y ont logé une semaine dans une cellule monastique, et se sont formés au chant grégorien et liturgique auprès de François Polgár, ancien chef de chœur à l'opéra de Paris et chef de choeur des Petits Chanteurs de Sainte-Croix de Neuilly[8],[9],[10].

L'équipe du film a également reçu l'aide d'Henry Quinson, traducteur et auteur d'ouvrages sur les moines de Tibhirine, qui a vérifié la pertinence du scénario, des décors, des costumes et des chants du point de vue de la vie monastique. Il a aussi conseillé les acteurs jouant les rôles des moines. Le scénario a été présenté aux familles des victimes et aux moines de l'abbaye de Tamié. Les conditions de sécurité n'étant pas réunies dans le monastère de Tibhirine, le tournage a eu lieu au Maroc, dans le monastère bénédictin de Tioumililine, situé à 1600 mètres d'altitude[8],[9].

Analyse Modifier

Le film de Xavier Beauvois ne montre pas l’assassinat des moines. Il ne propose pas d’hypothèse sur les circonstances de leur mort. Le drame que vivent les personnages n’est pas non plus un prétexte pour traiter, de façon détaillée, de la guerre civile algérienne. Il s’agit avant tout, pour le réalisateur et son équipe, de montrer la vie quotidienne des moines dans les années qui précèdent leur enlèvement. Les événements politiques et leurs répercussions locales sont abordés du point de vue des frères cisterciens, selon la vocation de prière et de charité qui est la leur. L’accent est mis sur la liturgie vécue en commun, qui les soutient dans les épreuves, et les relations fraternelles avec les habitants des villages environnants[1],[2],[3],[4].

La guerre civile est évoquée par la tension qui monte, dans la région, et le monastère. Le réalisateur met alors l’accent sur le regard fraternel, exempt de parti pris, que les moines veulent poser sur les habitants de la région, que ceux-ci soient partisans des groupes islamiques présents dans la montagne, ou favorables à l’armée algérienne. Le véritable combat des frères cisterciens est intérieur : partir ou non. Le film place les spectateurs au cœur de ce choix éthique, qui va dévoiler un peu plus l’intériorité et les motivations profondes de chacun des personnages[1],[2],[3],[4].

Le thème du sacrifice, voire du martyre, devient peu à peu majeur. La fiction épouse alors l’histoire, avec la lecture, en voix off, d’extraits de la lettre testament du prieur des moines de Tibhirine, Christian de Chergé, qui aborde cette éventualité d’une mort violente qu’il n’aurait pas recherchée[Note 2]. Sans montrer le dénouement de l’histoire, la mort des moines et les conditions dans lesquelles elle s’est produite, Xavier Beauvois se focalise sur l’essentiel : le choix difficile, fait en conscience par ces hommes, de rester au monastère et dans cette région, quels que soient les risques encourus[1],[2],[3],[4]. Ce thème du sacrifice culmine dans une séquence évoquant la dernière Cène : la caméra, dans une émouvante série de travellings, dépeint le visage des moines dont l'émotion trahit le pressentiment d'une fin proche, lors d'un repas précédant leur enlèvement, qui sonne comme un repas d'adieu. Accompagnée par la musique du Lac des Cygnes, de Tchaïkovski, cette scène est considérée, par plusieurs observateurs, comme l'une des plus poignantes du film[2],[3].

Réception Modifier

Festival de CannesModifier

Lors de sa présentation au Festival de Cannes, le 18 mai 2010, Des hommes et des dieux reçoit un accueil très favorable de la part des spectateurs et de la presse, plaçant le film parmi les favoris pour le palmarès du Festival[1],[2],[3],[4],[11]. Le 24 mai, il obtient le Grand prix du jury du Festival de Cannes 2010.

Sortie en FranceModifier

Lors de sa sortie en France, le film réalise de bons résultats avec près de 70 000 entrées le premier jour, et 467 950 à la fin de la première semaine[12],[13]. Il est ainsi premier au classement hebdomadaire des films. Ce succès inattendu encourage davantage d'exploitants à le programmer[14]. Il est présent dans un plus grand nombre de salles en deuxième semaine et attire plus de spectateurs[13]. Le film passe le cap du million d'entrées au bout de quinze jours[15],[14].

Récompenses Modifier

  • Le 17 septembre 2010, dix jours après sa sortie en France, le film est choisi par le Comité de sélection du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) pour représenter la France aux Oscars 2011, dans la catégorie meilleur film en langue étrangère. Les films nommés pour l'Oscar dans cette compétition seront dévoilés le 25 janvier par l'Académie américaine des arts et sciences du cinéma[16].

Notes et références Modifier

Notes Modifier

  1. Le documentaire Le Testament de Thibirine est sorti en 2006. Il a été diffusé sur France 3 le 19 avril 2006, à 0h20 du matin. (Famille chrétienne, n°1474, 15 avril 2006 Article en ligne)
  2. Christian de Chergé a voulu laisser une trace sur ses motivations profondes au cas où il serait victime du terrorisme. Il a écrit ce document en deux fois : le 1er décembre 1993 et le 1er janvier 1994. Le texte a été confié au journal la Croix, peu de temps après l'annonce de sa mort, et publié le 29 mai 1996. Il est connu sous le nom de Testament de Christian de Chergé. Testament du P. Christian de Chergé La Croix, 18 mai 2010

RéférencesModifier

  1. 1,0, 1,1, 1,2, 1,3, 1,4, 1,5, 1,6 et 1,7

    Arnaud Schwatrz, « "Des hommes et des dieux" : l'esprit de Tibhirine emporte le festival » sur la-croix.com, La Croix, 18/05/2010. Consulté le 19/05/2010

  2. 2,0, 2,1, 2,2, 2,3, 2,4, 2,5, 2,6, 2,7 et 2,8 François-Guillaume Lorrain, « "Des hommes et des dieux" - Des moines et une Palme évidente » sur lepoint.fr, Le Point, 18/05/2010. Consulté le 19/05/2010
  3. 3,0, 3,1, 3,2, 3,3, 3,4, 3,5, 3,6, 3,7 et 3,8 Jacques Mandelbaum, « "Des hommes et des dieux" : la montée vers le martyre des moines de Tibéhirine » sur lemonde.fr, Le Monde, 20/05/2010 (Web et Edition quotidienne du journal). Consulté le 23/05/2010
  4. 4,0, 4,1, 4,2, 4,3, 4,4, 4,5 et 4,6 Rébecca Frasquet, « "Des hommes et des dieux"de Xavier Beauvois à Cannes » sur lepoint.fr, Le Point et Afp, 18 mai 2010. Consulté le 23 mai 2010
  5. 5,0, 5,1, 5,2 et 5,3 Dossier de presse du film
  6. 6,0, 6,1 et 6,2 Bruno Chenu, « Testament spirituel du frère Christian de Chergé » sur spiritualite2000.com, La Croix, 1er juin 1996. Consulté le 26 mai 2010
  7. Source des biographies Site de l'Église catholique d'Algérie
  8. 8,0, 8,1 et 8,2 Christophe Carrière, Il était une foi, L'Express n°3087, 1er sept. 2010, p. 104-108 En ligne sur lexpress.fr
  9. 9,0, 9,1 et 9,2 François-Guillaume Lorrain, « Lambert Wilson, moine prieur » sur lepoint.fr, Le Point n° 1966, p. 75, 27/05/2010. Consulté le 04 juin 2010
  10. Rédaction en ligne, « Il a formé au chant les acteurs moines » sur leparisien.fr, Le Parisien, 22 mai 2010. Consulté le 8 sept. 2010
  11. Nouvel Observateur, 23 mai 2010
  12. Des hommes et des dieux démarre fort l'Express.fr, 10 sept. 2010, avec Ciné-chiffres
  13. 13,0 et 13,1 Fiche Des hommes et des dieux sur JP's Box-Office
  14. 14,0 et 14,1 AFP et Le Point, « "Des hommes et des dieux": les salles de cinéma touchées par la grâce » sur lepoint.fr, Le Point, 25/09/2010. Consulté le 30/09/2010
  15. Un million de spectateurs déjà pour "Des hommes et des dieux", Suliane Favennec, sur lepoint.fr, 23/09/2010
  16. Des hommes et des dieux» représentera la France aux Oscar, sur Libération.fr, 17 sept. 2010

Voir aussi Modifier

Articles connexes Modifier

Liens externes Modifier

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