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Bonjour (お早う, Ohayo) est un film japonais réalisé par Yasujiro Ozu, sorti en 1959.

SynopsisModifier

Minoru et Isamu vivent avec leurs parents dans la banlieue de Tokyo. En rentrant de l'école, ils aiment à s'arrêter chez un voisin qui a la télévision pour regarder des matches de sumo. Leurs parents, mécontents, leur interdisent d'y retourner. Pour protester, Minoru et Isamu entament une grève de la parole, qui va provoquer par ricochet de nombreuses incompréhensions parmi les voisins.

CritiqueModifier

Le film est un remake lointain de Gosses de Tokyo, réalisé par Ozu en 1932. On y retrouve certaines scènes identiques au niveau du scénario mais pas de la mise en scène (la disparition et la recherche des enfants par exemple), même si le thème a beaucoup évolué avec les époques. C'est un des films les plus accessibles d'Ozu, par sa drôlerie, son sujet universel : le conflit des générations face à l'arrivée du progrès, et son approche visuelle qui peut rappeler les films de Jacques Tati,comme d'ailleurs la musique de Mayuzumi.

Au-delà de la question du progrès, ce film interroge aussi sur les conventions sociales, l'éducation des enfants, et surtout sur l'utilité de la politesse, que les enfants considèrent, parfois à juste titre, comme inutile et creuse (d'où le titre Bonjour). La maestria avec laquelle Ozu a su jouer ici de l'insolence des enfants n'est pas sans évoquer Les Quatre cents Coups de François Truffaut, réalisé à la même époque en 1958. De par sa vision emplie de tendresse sur l'enfance, de par son regard frais sur la bêtise des enfants (et celle des adultes !), ce film d'Ozu résiste remarquablement à l'épreuve du temps.

Comme dans de nombreux autres de ses films, Ozu, par un procédé qu'il a créé, filme souvent ses personnages à hauteur de tatami, symbolisant ainsi le poids des contraintes (mariage, enfants, société, travail) qu'ils subissent et auxquelles ils ne peuvent échapper.

Ces passages sont souvent conclus par un plan fixe, où l'acteur muet semble d'autant plus subir l'impact de ce poids. Le temps qui passe est par ailleurs souvent dénoté par un plan fixe (paysage, tableau de la vie quotidienne), ne jouant aucun rôle dans l'évolution du scénario et qui n'est donc rien d'autre qu'une virgule cinématographique, donnant une certaine densité au film. Pour autant, les films d'Ozu sont rarement tristes : la vivacité des dialogues et le burlesque du scénario contribuent à ce qu'une certaine joie de vivre émane de l'ensemble.

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier

SourcesModifier


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