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Boarding gate est un film français réalisé par Olivier Assayas, sorti en 2007.

SynopsisModifier

Sandra, une jeune Italienne originaire de Rome, s'est enlisée à Londres dans une relation sans avenir, mais tumultueuse, entremêlée de désir et de jeux sexuels avec un golden boy déchu, Miles Rennberg. Ce qui s’est passé entre eux, ce qui lie tous les personnages, antérieurement au récit, est distillé au compte-gouttes, à travers des dialogues allusifs. Chaque conversation est une joute verbale intrigante, et aussi un exercice de style autour de l’idée de pouvoir.

Un jour, Sandra se débarrasse de lui autant pour briser le cercle infernal d'une passion qui la consumait que pour l'argent. Il y avait en effet un contrat sur Miles et c'est l'amant de Sandra, un Sino-Américain, Lester Wang, qui en est l'intermédiaire. Tous deux souhaitent racheter un club à Pékin et refaire leur vie là-bas. Ils se sont donné rendez-vous à Hong Kong, mais Lester disparaît, et Sandra tombe dans un piège tendu par Sue, la femme de ce dernier.

CritiqueModifier

Anglophone, truffé de bruits qui sont autant de signes extérieurs de modernité, Boarding Gate n’est pas tout à fait un film français, mais certainement pas non plus un produit formaté à l’américaine. Non, aucun studio hollywoodien n’accepterait un scénario assez lâche, qui fait de longues pauses (comme l'imposante scène entre les deux personnages principaux, qui mêle rendez-vous d’affaires et rencontre amoureuse) puis s’emballe, se fiche de bâtir sérieusement des personnages pour les traiter presque comme des avatars.

Dès que Sandra débarque en Asie, Boarding Gate troque le vide glacé d’un Occident en perdition pour le grouillement d’une métropole. Plus de faux-semblants : on est dans la réalité des corps, multipliés comme à l’infini, il s’agit juste de préserver le sien, de sauver sa peau. Au cours d’une poursuite haletante, Sandra est alors plus nue que nue : sans maquillage, sobrement vêtue, elle gagne en humanité ce qu’elle perd en artifice. Il lui faut une nouvelle identité, une renaissance loin de ceux qu’elle a trahis (ou qui l’ont trahie).

Formellement, aussi, Boarding Gate ne ressemble qu’à un film d’Assayas : personne d’autre ne filmerait ainsi ce thriller qui court de Paris à Hong-kong, en gros plans, caméra portée, situations saisies à travers des vitres, compositions d’images qui frisent l’abstraction. Le style, ici, est affaire de morale et signale la déshumanisation de la planète.

Boarding Gate est bien le petit frère de Demonlover, l’ambitieuse et imparfaite fresque d’espionnage industriel qu’Assayas avait tournée en 2002. Il réactualise quelques figures classiques du film noir, en premier lieu la femme fatale, et les confronte aux mythes d’aujourd’hui, façonnés par la mondialisation. Le business-man, désormais, brasse large : il suffit d’un ordre sur un portable, d’un fax envoyé à l’autre bout du monde, et les grues automates des ports européens débarquent la marchandise, légale ou non.

Le monde change, et pas forcément en bien. Les héros des grands films noirs fuient un passé qui leur colle à la peau. Ici aussi, il est fait référence à un « avant », plus ou moins harmonieux : Sandra, jouée par Asia Argento, était la maîtresse de Miles (le massif Michael Madsen, révélé par Reservoir Dogs), homme d’affaires aux jeux sexuels vraiment particuliers. Ce qui s’est passé entre eux, ce qui lie tous les personnages, antérieurement au récit, est distillé au compte-gouttes, à travers des dialogues allusifs. Chaque conversation est une joute verbale intrigante, et aussi un exercice de style autour de l’idée de pouvoir. Celui ou celle qui croit mener la danse n’est-il pas, sans le savoir, manipulé ?

DéclarationsModifier

Olivier Assayas a déclaré :

« Je m’étais intéressé à un fait divers qui m’avait semblé tout droit sorti de Demonlover, l’assassinat du financier Édouard Stern au terme d’une séance de SM. Sa maîtresse, la principale suspecte, avait aussitôt fui à l’autre bout du monde, en l’occurrence en Australie, avant de revenir en Europe après quelques jours. Je n’ai pas tellement approfondi la question, mais ça m’a donné le déclic d’une histoire de meurtre construite autour de relations sexuelles ambigües, avec pour sous-texte le monde de la finance moderne. Et puis la fuite d’une femme qui tente d’échapper à la fois à un meurtre, à l’Europe, au passé...»

Le tournage à Hong Kong n'a pas été de tout repos. On était six ou sept français, et on est tous tombés malades, les uns après les autres. On a fini le film à cinq : Asia , le directeur de la photo, l'ingénieur du son, l'assistant et moi... Tout le reste de l'équipe était chinoise. On avait un producteur exécutif local qui nous avait été recommandé par un contact de Hou Hsiao Hsien (...) La difficulté imprévue que nous avons rencontrée était que tourner à la chinoise veut aussi dire tourner avec une équipe pléthorique. Les salaires sont très bas, il y a donc une prolifération de techniciens à tous les postes, jamais moins de six personnes autour de la caméra par exemple. Ils sont nombreux et comme les Hongkongais sont aussi des méridionaux, ils sont assez bruyants, ce qui nous posait un problème chaque fois qu'on tournait dans la rue, qu'on volait des plans au milieu de la foule (...) Le plus délicat c'est que dans les conditions de guérilla où l'on travaillait on était contraints à faire plein de choses interdites, comme tourner dans le métro sans autorisation. Ca on le faisait à quatre, on préparait le coup avec Asia, on se répartissait les tâches, on y allait, on tournait deux prises et on s'enfuyait.

Asia Argento a déclaré, à propos des méthodes de tournage d'Assayas :

«Olivier fait plusieurs prises du même mouvement puis raccorde le mouvement au montage. Moi, je sortais du tournage du Breillat avec l’habitude de vouloir faire la scène le mieux possible. Au réalisateur de choisir la meilleure prise. Alors qu’Olivier, il lui faut cinq prises qu’il va ensuite mélanger, La bonne prise , ça n’a pas de sens chez lui. Par contre il veut le plan parfait.»

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier

  • Titre : Boarding gate
  • Réalisation : Olivier Assayas
  • Scénario : Olivier Assayas
  • Image : Yorick Le Saux
  • Son : Daniel Sobrino
  • Production : Margo Films et Canal + TPS Star
  • Montage : Luc Barnier
  • Durée : 105 minutes
  • Date de sortie : 22 août 2007



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