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Bienvenue à Gattaca (Gattaca) est un film de science-fiction d'Andrew Niccol, sorti en 1997.

Etonnant film que Bienvenue à Gattaca pour le réalisateur Andrew Niccol, alors quasiment novice, qui signe pourtant l'un des tout meilleurs films de science-fiction des années 1990.

SynopsisModifier

Dans un futur indéterminé mais assez peu différent du nôtre, dans une Société où le hasard n’a plus sa place, la Génétique a pris le pouvoir et classe désormais les individus en deux catégories selon leurs aptitudes physiques et intellectuelles : les Valides, à qui sont exclusivement réservés tous les postes de responsabilité, et les Non Valides qui sont assignés aux taches inférieures. Vincent et Anton Freeman, deux frères aux talents différents, rivalisent dans les défis qu’ils se lancent. Mais Vincent, atteint d’une malformation cardiaque et Invalide, ne peut, à l’inverse de son frère, ambitionner d’être recruté à Gattaca, la Cité des Etoiles, réservée aux Valides dont la mission est de former et d’envoyer des astronautes coloniser l’espace.

Pourtant, par sa volonté et grâce à la complicité de Jérôme Morrow, un Valide exclu de Gattaca suite à un accident qui l’a laissé paraplégique, il parvient à tromper le système mis en place par les autorités et à se faire passer pour Jérôme. Malheureusement pour lui, le Directeur de la Cité des Etoiles est assassiné pour d’obscures raisons. Les contrôles sont alors renforcés et les analyses génétiques multipliées. Vincent, soudainement en danger, trouve toutefois une alliée à Gattaca en la personne de Irène, une Valide dont il est amoureux. L’étau se resserre pourtant. D’autant plus que Anton, son propre frère, plus zélé et plus soupçonneux que l’inspecteur Hugo, est sur le point de le démasquer C’est alors que Jérôme se suicide en se faisant passer pour Vincent. Dès lors, l’assassin du Directeur étant arrêté, plus rien ne s’oppose à son rêve : il peut enfin monter à bord d’une fusée envoyée aux confins de l’Univers !

CritiqueModifier

Une remarque préliminaire s’impose : Bienvenue à Gattaca est un film de science-fiction qui n’utilise que fort peu les codes visuels du genre : les trucages, les objets et les décors futuristes, voire extravagants, n’ont pas cours. Bien au contraire, la force du film est de nous proposer un univers et un cadre à la fois familiers et décalés, faits de bâtiments fonctionnels, de longs couloirs, d’immenses espaces impersonnels, d’êtres anonymes, canalisés, surveillés, contrôlés, qui se croisent, silencieux et indifférents, exécutants dociles de quelque tache sociale. Et cette distorsion crée un étrange climat propre à nous plonger dans un monde dépaysant qui ressemble au nôtre mais dont les règles nous sont insolites, voire incompréhensibles.

Les personnages qui habitent ce monde futuriste ajoutent à notre malaise par leurs regards inexpressifs, leurs visages impassibles, comme vides de toute émotion, leurs attitudes toujours retenues et la tonalité récurrente de tristesse qui imprègne le film. Une froideur que renforce la lumière sans éclat qui baigne le film et une photographie qui offre ses couleurs brunes et désaturées qui succèdent au bleu métallique du générique. Bref, à Gattaca, la chaleur des sentiments et des couleurs qui sont à la source de la vie s’en sont allés, éliminés par une déshumanisation qui accentue la solitude de personnages réduits à leurs seules fonctions utilitaires. Nul sourire, nul éclat, mais une terne et triste réalité qui définit un univers oppressant.

Le propos de Andrew Niccol transparaît ainsi à travers chaque séquence : cette société régie par une Science dévoyée – la Génétique – se fonde sur une mise aux normes dont l’efficacité tient à l’effacement de notre humanité. Une mise aux normes qui a pour corolaires, d’une part, la discrimination envers les non-conformes (physiquement et intellectuellement) et, d’autre part, la suspicion généralisée à l’encontre des supposés déviants. Le réalisateur évite toutefois tout didactisme ou manichéisme car Bienvenue à Gattaca s’appuie sur une intrigue des plus captivantes : Vincent a-t-il les moyens de s’introduire dans la Cité des Etoiles et de réaliser son rêve ? Les Autorités découvriront-elles la supercherie échafaudée entre Vincent et Jérôme ?

En outre, l’intrusion de Vincent et l’enquête qu’elle déclenche, savamment liées, judicieusement alternées, progressent de pair en un suspens que Andrew Niccol réussit à rendre sans cesse prenant à l’aide de quelques scènes fortes inattendues (le bain de mer en forme de duel extrême, les détails de la supercherie, la descente de police dans le night-club, la traversée de la route au milieu du trafic des voitures, etc.). Constamment intrigué, mis sous pression, le spectateur devient le jouet d’un réalisateur habile à dérouler un récit toujours innovant à propos d’une thématique classique : la lutte millénaire entre la soumission à l’Autorité et la révolte contre l’Oppression, la résistance à la Loi et la transgression de l’ordre établi. Ou, plus prosaïquement, comment David, le grain de sable, va perturber Goliath, la Société idéale.

La musique de Michael Nyman est l’élément majeur qui contribue à donner au film son pouvoir de séduction, notamment à travers le thème principal – véritable leitmotiv -, illustration même de sa signification. D’abord simple fil conducteur de jeux de violons dont l’intensité, modulée en flux et reflux, traduit la mélancolie du doute et de l’hésitation, le thème prend de l’ampleur, se renforce d’un accompagnement plus rythmé, culmine en aigus et finit par scander une sorte de marche pleine d’une assurance sereine et d’une noblesse qui exprime la foi en la certitude que chaque être humain est unique et précieux et que chacun porte en soi la liberté de réaliser ses rêves.

Un thème musical d’une grande force évocatrice qui trouve sa parfaite transcription visuelle lors de la séquence finale du départ de la fusée : certes, Vincent a atteint le but qu’il s’était fixé, mais, au-delà de son destin individuel, c’est bel et bien l’imperfection humaine qui se trouve ainsi célébrée, dans cette croyance que l’avenir de l’humanité doit conjuguer froide rigueur scientifique et sensibilité humaine pour éviter toute dérive totalitaire. La verticalité du décollage de l’engin spatial – concomitant au sacrifice par le feu de Jérôme -, dans un flamboiement inespéré de couleurs enfin chaudes qui illuminent ce monde aseptisé et malade de Gattaca s’il consacre le rêve de Vincent, évoque tout autant les prémices d’une re-naissance encore possible : l’envol de Vincent empêchera peut-être la disparition de l’humanité…

Car c’est bien du destin de l’humanité dont il est question dans le film, comme le suggère, grâce à la poésie de ses images, Andrew Niccol par le rappel du souvenir de la victoire de Vincent sur Anton qu’il sauve de la noyade. Alors que les deux frères sont à demi immergés sous les vagues nocturnes d’un océan primitif, le regard de Vincent s’élève vers la nuit étoilée : ce mouvement de caméra, qui se situe peu avant la fin du film, retrace l’émouvant chemin suivi par l’humanité depuis l’océan, ce berceau originel de la vie, jusqu’à l’espace étoilé, dont l’exploration apportera peut-être les réponses qu’elle attend à ses questions. Cette séquence en ellipse poétique renvoie, en une sorte d’hommage à Kubrick, à celle de 2001, Odyssée de l’espace lorsque l’outil lancé par l’hominidé vers le ciel se métamorphose en fusée interstellaire.

Les deux citations en exergue du film (Regarde l’œuvre de Dieu : qui pourra donc redresser ce qu’il a courbé ? Ecclésiaste 7-13 / Oui, nous toucherons à Dame Nature car c’est ce qu’elle veut. Willard Gaylm), dont la seconde répond à la première, sont sans ambiguïté et précisent l’enjeu du film, qui est aussi celui de l’entreprise humaine dans sa quête prométhéenne de connaissance et de pouvoir. La Nature, dans le film, se réduit d’ailleurs pour l’essentiel aux éléments primordiaux : l’ océan nocturne et hostile, lieu du défi entre les deux frères, et le ciel étoilé lointain et indifférent, promesse d’un objectif à atteindre. Loin de la Mère Nature accueillante des Romantiques, l’Univers sensible de Gattaca n’est plus qu’un froid et indifférent territoire à conquérir. Ou, si l’on en croit la dernière phrase prononcée par Vincent à bord de la fusée traversant l’espace (On dit que chaque atome de notre corps a fait partie d’une étoile. Peut-être que je ne pars pas. Peut-être que je rentre chez moi.), un retour vers les origines du mystère et du sens de l’univers…

Questionnement sur la Société et l’avenir de l’Humanité, Bienvenue à Gattaca est, aussi, une évocation - en forme de célébration - à la fois sensible et douloureuse, de la fratrie et de l’Individu. Vincent et Anton, Anton et Vincent ou les deux visages de l’humanité qui ressuscitent les personnages originels de Abel et de Caïn et leur rivalité éternelle, réceptacle de tous les conflits entre les hommes. A moins que, métaphore de notre déchirement intérieur, ils ne soient les deux versants de notre personnalité en butte à la dialectique permanente de nos forces et de nos faiblesses. Les figures récurrentes sur lesquelles est construit le film - figures de l’opposition (dominant / dominé), de l’inversion (Vincent dominant, puis dominé / Vincent dominé, puis dominant) et de la substitution-inversion (Vincent usurpe l’identité de Jérôme / Jérôme se fait passer pour Vincent) -, étroitement liées aux thèmes de la rivalité et de la revanche, insistent d’ailleurs assez sur une lutte biologique qui ne cesse jamais. Que ce soit entre les individus, ou contre l’Univers.

Fiche techniqueModifier

  • Titre original : Gattaca
  • Réalisation et scénario : Andrew Niccol
  • Directeur de la photographie : Slawomir IDZIAK
  • Musique : Michael NYMAN
  • Décors : Jan ROELFS
  • Production : Danny DeVITO, Stacey SHER & Gail LYON - Jersey Films Production
  • Distribution : Columbia Pictures
  • Durée : 101 minutes
  • Date de sortie : 1997

DistributionModifier

  • Ethan Hawke : Vincent Freeman
  • Uma Thurman : Irene Cassini
  • Jude Law : Jérôme Eugène Morrow
  • Elias Koteas : Antonio Freeman, le père de Vincent
  • Jayne Brook : Marie Freeman, la mère de Vincent
  • Gore Vidal : directeur Josef
  • Xander Berkeley : le docteur Lamar
  • Ernest Borgnine : Caesar, le vieil homme de ménage
  • Loren Dean : inspecteur de police Anton Freeman, frère de Vincent
  • Maya Rudolph : infirmière
  • Una Damon : infirmière chef
  • Elizabeth Dennehy : professeur d'école
  • Blair Underwood : généticien
  • Mason Gamble  : Vincent enfant
  • Vincent Nielson : Anton enfant
  • Chad Christ : Vincent adolescent
  • William Lee Scott : Anton adolescent

SourceModifier

Cette page utilise tout ou partie du contenu de Libre Savoir. L'original de l'article est sur la page Bienvenue_à_Gattaca. L'auteur principal en est PHILIBERT-CAILLAT Henri. Le texte de cette page tout comme celui-ci est disponible sous GNU Free Documentation License.

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