Fandom

Film Wiki

Alfred Machin

2 864pages sur
ce wiki
Ajouter une page
Discussion0 Partager

Alfred Machin de son vrai nom Eugène Alfred Jean Baptiste Machin (né le 20 avril 1877 à Blendecques, mort le 16 juin 1929 à Nice) est l'un des rares cinéastes français dont les films ont manifesté des tendances progressistes avant la Première Guerre mondiale : Au ravissement des dames, le mélodrame raffiné Maudite soit la guerre... Après 1920, Alfred Machin se consacre notamment aux comédies animalières. Il fondera le cinéma aux Pays-Bas, puis en Belgique.

Biographie Modifier

Il est le fils de Jules Machin, un fabricant de papier et de Maria Celina Sergeant issus de la moyenne bourgeoisie. La mère décèdera le 9 mars 1885 à Westove.

Reporter photographe de presse, Alfred Machin travaille probablement depuis 1902 au journal L'Illustration, un magazine de réputation mondiale[1]. Il est ensuite recruté par la puissante firme Pathé, qui l'envoie en Afrique à partir de 1907 pour deux missions à l'allure d'expéditions. Il en rapporte des scènes filmées de chasse, des courts-métrages d'aventures et animaliers avant de fonder le cinéma le cinéma en Hollande puis en Belgique. Les scènes qu'il tourne de la vie des grands fauves font sensation. Au péril de sa vie, il n'hésite pas à recourir à des plans rapprochés. Il figure aussi parmi les pionniers de l'image aérienne[2]. La performance est saluée par la presse française et étrangère.

De retour, Alfred Machin s'emploie un temps à la direction de la photographie pour deux succursales spécialisées de Pathé : La Comica et la Nizza. Les deux filiales sont établies à Nice. La Comica est consacrée à la farce, la Nizza au cinéma animalier. Pathé charge le réalisateur de développer une industrie cinématographiquee aux Pays-Bas puis l'envoie en Belgique en 1912 comme directeur artistique de l’une des filiales de Pathé, Belge Cinéma Film. Charles Pathé confie à Alfred Machin, la mission d'exploiter le premier studio de films en Belgique. Le fonctionnement de la Belge-Cinéma/Film aura constitué un laboratoire incontestable de la stratégie internationale de cette entreprise cinématographique.[3]

C'est d'ailleurs en 1912, à la chaussée de Gand (Molenbeek-Saint-Jean), que prend naissance le cinéma belge. Plusieurs films de qualité dont La Fille de Delft mais aussi le pacifiste et prémonitoire Maudite soit la guerre (en couleurs peintes à la main) sont tournés par Alfred Machin dans l'environnement des studios du château du Karreveld. Le cinéaste commande l'exécution dans ce lieu d'un studio vitré, des ateliers, une infrastructure pour les artistes ainsi qu'un mini-jardin zoologique qui accueillent des animaux exotiques tels que des ours, des chameaux et des panthères[4]. Il utilise également Mimir la Panthère comme personnage dans plusieurs de ses films des années Karreveld. Mimir s'amuse beaucoup dans Babylas va se se marier, où elle a un nombre de victime à terroriser. La panthère continuera ce genre d'assistance dans Madame Babylas aime les animaux.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est l'un des quatre opérateurs fondateur du Service cinématographique des Armées, et est reporter photographe pour la maison Pathé, sous traitant au service cinématographique de l'Armée française. On lui doit ainsi notamment les images de la bataille de Verdun. Il tourne également les images des tranchées françaises pour Les Cœurs du monde de D. W. Griffith[2].

Alfred Machin ouvre "Les Studios Machin" dans une énorme propriété proche de Nice en 1926[5] qui deviendra une grande entreprise familiale. En effet, il est l'époux de Germaine Lecuyer, avec qui il aura trois enfants. Elle interprète quelques rôles dans ses films. Un des fils, Claude Machin ou Cloclo (1921-1978) jouera également quelques rôles d'enfants dans les films de son père.[6]. Dans ce studio, tout est réalisé par cette entreprise mis à part la fabrication de la pellicule, il est même équipé de sa propre centrale électrique fournissant quelque 8000 ampères et d'un laboratoire. Il possède également une ménagerie et une très spacieuse volière au sein de son entreprise. L'entreprise négocie même un arrêt de tramway devant ses portes avec la compagnie locale[7].

Dresseur d'animaux passionné, Alfred Machin adopte un chimpanzé du nom d'Auguste pour qui il voue une admiration pour son intelligence, et lui apprend de multiples tours pour des besoins de films documentaires et ses comédies animalières. Le singe tourne dans Cœur des gueux avec l'interprète Maurice Féraudy. La production nécessite plusieurs mois de préparation et la construction d'une dizaine de grands décors[8]. Le film suivant est, lui, une fiction entièrement jouée par des animaux : Bête comme des hommes (1924). Le film insolite ne suscite pas l'enthousiasme du public français mais obtient un certain succès outre Atlantique.

Lors d'un tournage ambitieux, une panthère le blesse gravement à la poitrine. Suite à cet accident, la santé du cinéaste décline. Il meurt en 1929 d'une embolie à Nice, après avoir achevé Robinson Junior. Alfred Machin est un cinéaste très prolifique. Il aura réalisé plus de cent films. Pour Francis Lacassin[9], il a permis, par ses tentatives et innovations, une importante évolution du cinéma.

Filmographie Modifier

BibliographieModifier

OuvragesModifier

PresseModifier

  • Jacques Polet, Alfred Machin, pionnier du cinéma en Belgique, entre tradition et modernité, Revue belge de cinéma, nos 38-39, p. 55 à 72), 1995.
  • René Predal, Le cinéma français sur la promenade des anglais, Cinéma 67, n° 114.
  • Émile Breton, Pionniers en Belgique (Gros plan), L'Humanité, 19 mars 1997 [2].

Liens externesModifier

Notes et références Modifier

  1. En effet, cette date correspond au changement de la ligne éditoriale de ce magazine et publie des photographies en grand nombre
  2. 2,0 et 2,1 Machin, Alfred in Dictionnaire du cinéma - Les réalisateurs, Jean Tulard Robert Laffont, 1999
  3. Les studios du Karreveld et La Belge-Cinéma/Film
  4. Le Karreveld, notre lieu de spectacle
  5. Visite à un réalisateur français pionnier du cinéma.
  6. IMDb
  7. René Predal, Le cinéma français sur la promenade des anglais, Cinéma 67, n° 114, p. 80.
  8. René Predal, Le cinéma français sur la promenade des anglais, op. cit., p. 79
  9. Francis Lacassin, Alfred Machin, de la jungle à l'écran, Paris, Dreamland, 2001
  10. Ce documentaire offre un intérêt historique car ce sont les plus anciennes tournées à Madagascar. V. à ce propos la manifestation sur Regards comparés Madagascar organisée par Africultures en 2003[1]).
  11. L'intrigue tourne autour d'une femme qui aime les animaux et ne peut pas s'empêcher de les ramener chez elle son mari s'en va acheter une panthère dans une ménagerie, et la lâche dans la maison...après s'être réfugié du haut d'une échelle double, s'engage une folle poursuite entre le fauve et un cochon. Machin fut l'un des premiers est le premier en France d'avoir introduit un animal sauvage dans un film
  12. Un film social et progressiste marquant du réalisateur français qui met en scène l'exploitation par un grand magasin de ses confectionneuses. Leur misère au quotidien entraîne une dégradation de leur santé. Elles deviennent tuberculeuse et contaminent malgré elles la riche clientèle à travers les textiles qu'elles confectionnent.
  13. avec Fernand Crommelynck dans le rôle du capitaine Stewart, Cécile May dans Mademoiselle Stewart, Jean Liezer dans le rôle du détrousseur de cadavres Vaneck, Fernande Dépernay qui incarne la dame de compagnie, Herzé dans le sous-officier blessé, Georges Mertens, Fernand Grave
  14. Une vengeance d'un coiffeur en forme de vaudeville.
  15. Le cinéaste filme des goumiers algériens ; des combattant à l’allure inhabituelle, arrivant de France et issus de diverses tribus d'Algérie. Les goumiers y apparaissaient comme des cavaliers à l'allure fière, à la peau mate, portant un turban blanc et armés d’un long et mince fusil, porté à l’épaule par une bretelle.
  16. ainsi que Ginette Maddie, Maurice de Féraudy, Maxime Desjardin et Maurice Schutz
  17. Ce livre evoque le contexte du travail de Machin en Afrique.
  18. Avec une publication en fin d'ouvrage de 20 scénarios pour lesquels aucun matériel film n'a pû être retrouvé a ce jour.
  19. Quelques deux cents documents et le témoignage de ses collaborateurs rassemblés par Francis Lacassin font d'Alfred Machin, de la jungle à l'écran un ouvrage qui permet de découvrir un grand pionnier de l'histoire du cinéma français, hollandais et belge.

Sources : Mario Scolas (sous différents pseudo est l'auteur de cet article sur Wikipedia

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau Fandom

Wiki au hasard